Secouons.

La Barmaid : Ca va Demoral?

Demoral : Ca va

Alors, hier?

Quoi hier?!?

Ben ton rendez vous.

Ha, ben rien.

Comment ça rien ?

Ben on a discuté

Et il ne s’est rien passé?

Ben non.

Mais tu ne sais plus y faire ou quoi?

Sans substances l’instinct animal ne se déclanche plus.

La psychette : C’est ça qu’il va falloir travailler. Ce n’est pas normal.

Tu dois retrouver tes pulsions et vivre une sexualité épanouie.

Demoral : Ha mais je les ai retrouvées mes pulsions plus tard dans la soirée.

La barmaid : Tu en as trouvé une autre?

Demoral : Un autre, je l’ai pompé contre du cannabis.

La psychette : Ho mon Dieu Demoral tu t’es prostitué !?!

Demoral : Mé non, l’occasion a fait le larron.

Ca faisait un moment que ça me trottait dans la tête

La barmaid : Tu l’as trouvé où?

Demoral : Aux voiles d’Antibes. Il m’a invité sur son bateau.

Le Patron : Demoral , di chi parli?

Le patron :          – Tu passes trop de temps sur les réseaux sociaux

Demoral :            – C’est pour y faire des rencontres. Ce n’est pas dans ton rade que je vais rencontrer l’âme sœur. Regarde voilà treize ans que je le fréquente et personne ne me parle

Le patron :           – De là à tourner PD.

La barmaid :       – Patron, on ne peut plus parler comme ça.

Demoral :            – Et puis mon aventure d’hier, je l’ai rencontrée dans la vraie vie. Sur le Net il n’y a plus que des vierges effarouchées et des féministes intégristes qui se cachent derrière leurs claviers.

La psychette :     – La période apparait en effet comme une réaction  contre le mode libertin des années 2000. On assiste aussi à l’apparition de la violence et des groupes organisés. Les progrès de l’intelligence artificielle permettent à une majorité inculte de s’exprimer.

Demoral :            – Oui et ces progrès se heurtent à l’inexpérience des femmes. Tout cela est exprimé dans mes complaintes. J’y présente leur intérêt pour l’homme riche, l’homme de loisir vénéré par une femme tremblante, soumise et craintive.

La Barmaid :       – Alors Demoral, ça fait quoi de sucer une bite ?

Demoral ;            – Là tu causes mal, on dirait moi quand j’étais bourré. Tu devrais essayer, tu saurais.

  • Ho ça va pas à moi ! Regardes toi, tu meurs d’envie de tout me raconter.
  • Je l’ai tout de suite repéré à la remise des prix. Il avait une tête goguenarde de leader. J’ai tout de suite capté qu’il était sous cannabis. Lorsqu’il s’est approché du bar je lui ai simplement dit bonsoir. Il m’a répondu en anglais et tout s’est enchaîné.
  • Il t’a proposé de fumer un pétard sur son bateau et tu as couru comme ce que tu appelles les putes le font pour une coupe de champagne.
  • Oui et j’ai aimé inverser les rôles. C’est lui qui a commencé à m’entreprendre, et c’était bon. A un moment j’ai senti qu’il fallait retourner le compliment. J’ai compris ce qu’était l’abandon de soi. Il m’est venu un soupir à la première caresse et j’ai éprouvé du soulagement et du plaisir à lui faire du bien.

Le paton : La barmaid, y’a un accueil à la 16

La psychette : Bon ben moi j’y vais, je vous dois combien patron?

Crisons

Bla bla bla

Bla bla bla

La psychette :    Il n’est pas là ?

Le patron :          Non

La psychette :    Mon Dieu mais c’est pas son genre.

Le patron :          …

La Barmaid :       Faut pas s’inquiéter comme ça, il va arriver.

La psychette :    Il avait bu ?

Demoral :            Ha les salopes !

Le patron :          Chi succede ?!?

Demoral :            Ha les Garces !!

La psychette :    Mon pt’it marinou que t’arrive-t-il ?

Demoral :            Ha les chiennes!!!

La barmaid :       Non mais il va se calmer ou je lui en colle une moi

Demoral :            « Trop perché » qu’elle a dit. Trop perché et « je vais m’attacher » qu’elle a dit.

La psychette :    Ben c’est bien ça pourquoi tu t’énerves ?

Demoral :            C’était il y a deux jours et depuis plus de nouvelles.

La barmaid :       Relance la. C’est sûr que si tu attends qu’elle revienne le cul dans ton fauteuil , il ne va rien se passer. Les femmes ont besoin qu’on leur témoigne de l’attention.

Demoral :            Ma chère, les applications de rencontres sont de nos jours ainsi faites

que seule la femelle a droit à la parole. Le mâle ne peut répondre

que si elle daigne le solliciter.

La psychette :    Ben alors mon p’tit marinou, on est d’accord tu ne me fais plus de crises comme ça.

Demoral :            oui ben elles n’ont qu’à pas m’énerver

La barmaid :       Tu parles comme un gosse de dix ans. Pas étonnant qu’elles ne veuillent pas de toi.

Demoral :            Vous verriez les phrases que je leur sors,

elles qui se prétendent sapiosexuées elles devraient craquer.

La barmaid :       Et arrête de nous mettre toutes dans le même panier.

On dirait que tu les veux toutes. T’as pas règlé tes problèmes avec ta mère ou quoi ?

Demoral :            Vous voyez, elle recommence !

Le patron :          Bon allez la barmaid, y’a du monde en accueil.

Demoral, vuelete un special ?

Demoral :            Lé, vogliu una speciale 

La psychette : Bien,  je dois y aller. Bonne soirée à tous.

Présentons.

  • Mon p’tit marinou tu m’emmènes où ?
  • Au bar tabac nous avions dit
  • Tu sais que je n’aime pas trop cet endroit.
  • Cela fait plus de dix ans que je fréquente votre cabinet stérilisé, je vous emmène dans un établissement qui vit.
  • J’ai peur.
  • Peur de quoi ? Nous sommes à deux pas de chez vous et vous êtes accompagnée de ce qu’il y a de plus dangereux dans le quartier.
  • Tu crois que c’est bon pour toi de toujours cotoyer l’alcool ?
  • Le patron me sert un cocktail sirop Kiwi Citron, c’est très rafraichissant. Nous y sommes.
  • Oui je connais. Mon associée m’en a parlé. Elle passe de temps en temps y boire un verre après ses consultations.
  • Elle doit être plus rigolote que vous.
  • Demoral ! Si tu commences comme ça je ne rentre pas.
L’entrée des artistes est dans la ruelle derrière.

La Barmaid :       Bonjour Demoral, bonjour madame.

Demoral :            Mademoiselle, on n’est pas encore mariés !

La psychette :     Demoral !

Demoral :            Pardon. psychette Barmaid, barmaid Psychette.

La psychette :     Enchantée.

La Barmaid :       Enchantée

Demoral :            Le patron n’est pas là ?

La Barmaid :       Non, il est encore en vadrouille je ne sais où. Il ne devrait plus tarder.

Demoral :            Bien, que buvez vous, psychette ?

La psychette ;     Tu ne préfèrerais pas que nous nous installions au patio ?

Demoral :            Non, c’est pour les touristes. Ici les affaires se règlent au comptoir.

La psychette :     D’accord, je prendrai un tonic avec une rondelle de citron.

La Barmaid :       Ca marche, et pour toi Demoral, le spécial ?

Le Patron :          Bonjour madame, salut Demoral.

Demoral :            Ho patron ! tu sors d’où ? Je te présente la Psychette.

Le patron :          Je m’en doute, tu m’en as tellement parlé.

Demoral :            La psychette, je vous présente le patron.

La psychette :     Enchantée patron, j’ai l’impression de vous connaître.

Demoral :           Tu bois un coup avec nous ?

Le patron :          Volontiers. La Barmaid, un Casa s’il te plait !

Le patron

Petit matin d’hiver, Demoral rentre chez lui. Durant sa ballade nocturne il n’a finalement fait que tricoter ses idées noires à la recherche d’un pont assez haut pour sauter. Au passage du pmu il entend une voix.

  • Assieds-toi, prends le café.

Demoral lève la tête, c’est le patron qui lui fait cette injonction. Sans réfléchir il s’installe à la première place en terrasse. En face de lui une dame, probablement une femme de ménage en charge de l’entretien des halls d’immeuble, termine son café en semblant regretter que la méditerranée ne soit pas assez profonde pour y plonger sa détresse

Le patron dépose une tasse fumante devant Demoral hagard.

La dame demande à régler sa consommation.

  • C’est le jeune homme qui vous l’offre.

Et le patron de repartir plateau en main et sourire pincé aux lèvres vers les autres clients. Deux tourtereaux hébétés d’être sortis de leur torpeur entament une conversation.

C’est peu de dire que Demoral en a fréquenté des bars. Mais un geste de cette classe, il n’en avait jamais vu. Il vient de basculer de phase.

Saoul Doyen.

Demoral : La psychette?

La psychette : Demoral, il est 3h07.

Demoral : Je passe en ternaire.

  • Que t’arrive-t-il encore.
  • « Ils » vident sa Bibliothèque.
  • Qui , quoi, qui « ils » ?
  • Des vendus. L’autre mauvaise question était qui « Elle? » et la réponse aurait été LoLo.
  • Qui est Lolo?
  • Vous venez d’écoper d’un carton jaune. La meuf à Baloo.
  • Qui est Baloo?
  • Deuxième jaune, vous seriez à mon domicile que je vous réserverais une place à l’abri bus d’en face.

Ici : illustration libre de droits d’auteur.

  • Qui sont LoLo et Baloo?
  • Faute professionnelle grave. Il ne vous reste qu’un an pour que ma filleule ne vous attaque en procès pour charlatanisme.
  • Je vais prévenir les messieurs en blouse blanche.
  • Lolo EST la marraine de MA Bibliothèque.

Et qui veut vider vos étagères?

Les miennes personne. Celles de la ville, personne non plus si ce n’est ceux qui détiennent le pouvoir et s’octroient la qualité d' »artiste » sans contrôle d’aucun ministère..

Et pourquoi elle fait rien votre Lolo?

Parce qu’elle a décidé de suivre son Baloo quand il a décidé qu’ici c’était trop moche.

Je ne comprends pas , explique mieux.

. 33.

Je ne suis pas médecin

Ni députée, ni Maire c’est sûr. Autodafé, ça vous évoque un truc, malgré les apparences c’est féminin comme terme?

Ha, je vois, ta légère tendance à l’exagération.

C’est mon métier.

Et que puis-je faire?

Déjà une facture sans encaisser mon cash, histoire de continuer la conversation dans un établissement respectable.

Demoral : Patron psychette, Psychette Patron.

Le patron : …

La psychette : …

Demoral : Ta future Barmaid.

Le Patron : « … »

La psychette : 😉

Demoral : Un demi.

La psychette : Un Monaco.

Demoral : Tu bois un coup avec nous?

Le Patron : Tu m’offres quoi?

Demoral : Ce que tu aimes. Si tu me dis Dom Pérignon, je rachète l’établissement pour y enseigner la broderie.

La psychette : Pas trop rouge, le monégasque, s’il vous plait.

  • Tu es quand même un peu énervé , ne trouves tu pas?
  • A peine légèrement agacé.