Poltron

  • Houlà mon p’tit marinou, ça n’a pas l’air d’aller.
  • Vous me scannez comme ça, vous, avant même que je ne vous dise bonjour.
  • Tout est marqué dans les traits de ton visage
  • Hé bé non, je vais très bien.
  • Soit, raconte-moi une belle histoire alors.
  • Ma première année en tant que skipper. La brokeuse m’avait envoyé au casse-pipe autour du Golf de Gênes sur une trapanelle
  • Au présent, tu es dedans.

Je suis en pleine tempête. L’entrée du port de Cecina ne devrait plus être loin mais je ne vois qu’une longue digue s’avançant en perpendiculaire depuis une plage infinie. De petits personnages s’agitent en bout de môle. Plus de doutes, le havre doit être par là. Je m’approche et découvre que la digue est en fait deux et que malgré l’absence de phare, il s’agit bien de l’entrée du port. Le hic est que dans la passe, ça tabasse. Ca déferle même.  Prudemment, je m’engage pour me faire prendre dans un tambour de machine à laver. Alors, perdu pour perdu, je mets les gaz à fond. Et là, si le bateau part toujours au surf, la puissance des milliers de chevaux mécaniques que je tiens dans une main redonne à la barre que je tiens dans l’autre la maîtrise de la trajectoire. Je déboule dans une sorte de lagune à la sortie d’un fleuve. De l’enfer au paradis en quelques brassées.

La psychette :    Ne trouves-tu pas étrange tous ces dangers auxquels tu as échappé et ces montagnes que tu te fais                                  aujourd’hui pour rien ?

Demoral :           Ha c’est sûr que quand je frise l’évanouissement  avant un cour d’aquarelle, j’ai conscience de friser                           aussi le ridicule.

La psychette :     tu as peur de ce que tu aimes en vrai.

Demoral :           Oui, et plus ça me fait peur, plus j’ai envie de le   faire.

La psychette :     Tu es très courageux.

Demoral :           Je vous trouve effrayante quand vous parlez ainsi.

La psychette :     Tu sais quoi ?

Demoral :           Ho ça va, pardon.

La psychette :     Tu devrais l’écrire tout ça.

Demoral :           Mais c’est ce que je fais.

La psychette :     Tréés bien !

Demoral :           Sur mon blog je raconte toutes nos entrevues.

La psychette :     Ho mon Dieu !!!

Demoral :           Qué j’ai dit encore ?!?

La psychette :     Tu ne peux pas faire ça !

Demoral :           C’est écrit dans la loi ou c’est un truc de psychette ?

La psychette :     Tu as besoin d’intimité. Ce qu’il se passe dans ce cabinet doit rester dans ce cabinet. Je suis psychette                       certifiée d’état tu peux tout me dire mais les autres n’ont pas à connaître ton moi profond

Demoral :           Parce que vous croyez que je vous l’expose mon  moi ?

La psychette :     Tu me paies pour ça.

Demoral :            Je ne suis moi que dans mon lit à l’endormissement                        ou au réveil c’est selon les désirs de la sirène.

La psychette :     Sors ton agenda.

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