En bout de quai

Doucement, douucement, DoOouuceuument !!!

Mon marin s’acharne à tirer comme un mulet sur les amarres. Le novice pense qu’il faut les tendre au maximum. Il pourrait visser le bateau au quai qu’il le ferait. Mais ce n’est pas comme ça que ça marche. L’amarrage se compose de deux phases.

La manœuvre aux moteurs s’est, ce soir, passée sans difficulté. Le vent est nul et je suis en bout de panne, je n’ai pas de bateau sur tribord. Dès lors que le bateau est tenu une fois à l’avant et une fois à l’arrière, on peut couper les moteurs et passer aux réglages. Il s’agit de trouver un subtil équilibre de tension entre les différents points d’attache pour permettre au bateau de suivre les mouvements de la mer tout en étant bien positionné par rapport au quai.

Or j’ai un gros problème. Soit le quai est trop court soit le bateau est trop large mais j’ai la passerelle qui donne dans le vide. Les clients me regardent dubitatifs, mon équipage et même celui du bateau d’à côté me font part de leur analyse catastrophique de la situation. Le tout se déroule sous l’oeuil moqueur d’une foule grandissante à terre.

C’est bon les gars, j’ai vu. Laissez moi faire mais s’il vous plait en silence. J’aime le silence dans l’amarrage. J’installe un traversier et je pousse littéralement les autres bateaux du quai mais il me manque encore un mètre. Alors je recule le bateau, tire une nouvelle fois sur mon traversier malgré les réprobations de mon voisin, la passerelle est désormais parallèle à quelques centimètres du bout de musoir.

Devant mon public toujours incrédule, je montre l’exemple d’un débarquement. Je m’avance sur la passerelle. Si je continue je tombe à l’eau mais si je démonte le garde fou et que je passe par le coté, je n’ai qu’un petit pas à faire. Ce que je fais accompagné d’un sonnant « et hop ! ». La foule est hilare et le personnel de la capitainerie m’applaudit. Je peux passer à la troisième phase de l’amarrage, peut être la plus importante : une bière bien fraîche.

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3 réflexions sur “En bout de quai

  1. J’ai ri de bon coeur au moins 3 fois, ça fait du bien, il se pourrait bien que tu me réconcilies avec la lecture et, surtout, tu es fichtrement doué à la manoeuvre ET à la plume : chapeau Captain !

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