Reggio Calabria, 19-09-2002

Mon cher Florian,

J’ai surpris la conversation du Boss, de sa femme et de l’aîné de huit ans.

Ils lui demandaient ce qu’il voulait faire quand il serait grand et le petit semblait embarrassé de répondre.

Pour finalement avouer :

« Capitaine »

La mère s’est exclaffée que c’était un beau métier

Le père n’a rien dit

Ton ami

Damien BABONNEAU

Porquerolles, 13-06-2002

Mon cher Florian,

J’ai six enfants à bord.

L’ainé des trois du Boss reçoit ses trois amis à bord.

Ils n’arrêtent pas de courir autour du bateau. Alors je me suis caché et au coin de l’illoire je l’ai choppé par le collebaque pour lui expliquer les règles.

Ce soir il m’a appelé Frédérique du nom de l’ancien capitaine

Il s’en est repenti

déclarant

« Lui au moins je l’aimait »

Présentons.

  • Mon p’tit marinou tu m’emmènes où ?
  • Au bar tabac nous avions dit
  • Tu sais que je n’aime pas trop cet endroit.
  • Cela fait plus de dix ans que je fréquente votre cabinet stérilisé, je vous emmène dans un établissement qui vit.
  • J’ai peur.
  • Peur de quoi ? Nous sommes à deux pas de chez vous et vous êtes accompagnée de ce qu’il y a de plus dangereux dans le quartier.
  • Tu crois que c’est bon pour toi de toujours cotoyer l’alcool ?
  • Le patron me sert un cocktail sirop Kiwi Citron, c’est très rafraichissant. Nous y sommes.
  • Oui je connais. Mon associée m’en a parlé. Elle passe de temps en temps y boire un verre après ses consultations.
  • Elle doit être plus rigolote que vous.
  • Demoral ! Si tu commences comme ça je ne rentre pas.
L’entrée des artistes est dans la ruelle derrière.

La Barmaid :       Bonjour Demoral, bonjour madame.

Demoral :            Mademoiselle, on n’est pas encore mariés !

La psychette :     Demoral !

Demoral :            Pardon. psychette Barmaid, barmaid Psychette.

La psychette :     Enchantée.

La Barmaid :       Enchantée

Demoral :            Le patron n’est pas là ?

La Barmaid :       Non, il est encore en vadrouille je ne sais où. Il ne devrait plus tarder.

Demoral :            Bien, que buvez vous, psychette ?

La psychette ;     Tu ne préfèrerais pas que nous nous installions au patio ?

Demoral :            Non, c’est pour les touristes. Ici les affaires se règlent au comptoir.

La psychette :     D’accord, je prendrai un tonic avec une rondelle de citron.

La Barmaid :       Ca marche, et pour toi Demoral, le spécial ?

Le Patron :          Bonjour madame, salut Demoral.

Demoral :            Ho patron ! tu sors d’où ? Je te présente la Psychette.

Le patron :          Je m’en doute, tu m’en as tellement parlé.

Demoral :            La psychette, je vous présente le patron.

La psychette :     Enchantée patron, j’ai l’impression de vous connaître.

Demoral :           Tu bois un coup avec nous ?

Le patron :          Volontiers. La Barmaid, un Casa s’il te plait !

Le patron

Petit matin d’hiver, Demoral rentre chez lui. Durant sa ballade nocturne il n’a finalement fait que tricoter ses idées noires à la recherche d’un pont assez haut pour sauter. Au passage du pmu il entend une voix.

  • Assieds-toi, prends le café.

Demoral lève la tête, c’est le patron qui lui fait cette injonction. Sans réfléchir il s’installe à la première place en terrasse. En face de lui une dame, probablement une femme de ménage en charge de l’entretien des halls d’immeuble, termine son café en semblant regretter que la méditerranée ne soit pas assez profonde pour y plonger sa détresse

Le patron dépose une tasse fumante devant Demoral hagard.

La dame demande à régler sa consommation.

  • C’est le jeune homme qui vous l’offre.

Et le patron de repartir plateau en main et sourire pincé aux lèvres vers les autres clients. Deux tourtereaux hébétés d’être sortis de leur torpeur entament une conversation.

C’est peu de dire que Demoral en a fréquenté des bars. Mais un geste de cette classe, il n’en avait jamais vu. Il vient de basculer de phase.

Marina Baie des Anges

En fin de croisière, mon traitre d’équipage m’a abandonné. Ils sont allé tout raconter à la brokeuse qui m’a appelé pour en savoir plus. Je n’ai dit que du bien d’eux.

Par contre le patron ne m’a pas oublié. Il a fallu recruter. D’abord Yann, un ami plongeur qui me grattait les hélices du temps de « Manouche ». Puis Carolita, probablement recrutée en fin de soirée du côté de SaintTropez.

Ca s’est tout de suite mieux passé

Marin, un bien rude métier.

Pas toujours en uniforme la petite.

C. des Mèdes, Porquerolles.

Ressucitons

La psychette : Mon p’tit marinou, comment va-t-il?

Demoral : Il ne fait rien.

  • Comment ça rien! Il n’y a que les impotents qui ne font rien.
  • Je marche en peignoir de la fenêtre de ma chambre à celle de la cuisine en écoutant de la musique corse. Le pire c’est que cela me conviendrait presque s’il n’était que cette vie a le gout d’un bon plat sans épices.
  • Qu’entends tu par là?
  • Un avenir sans femme est fade à envisager.
  • Réfléchit un peu. Comment pourrais tu satisfaire ton insatiable appétit pour la rencontre féminine?
  • L’écritures sur internet, c’est là que sont les femmes.
  • Bien, fait ça.
  • Mais c’est ce que je fais, d’ailleurs j’ai une piste : Une zébrette me lit. Elle m’a laissé un message et j’ai réussi à l’entrainer en discussion. Mais très vite elle m’a demandé ce que je faisais, à croire que c’est une dictature. Ne rien faire est une activité comme les autres.
  • Forcément si tu dis d’entrée que tu glandes toute la journée c’est pas gagné.
  • Je sais alors je lui ai parlé de l’association.
  • Mais tu n’y vas plus depuis des mois. Tu sais très bien que quand tu mens tu te fais prendre de suite.
  • Ce n’est pas vraiment un mensonge. Je vais reprendre et l’écriture aussi. Tout ce dont j’ai besoin dans le vie, c’est d’une muse pour jouer avec moi.
  • On se revoit dans vingt huit jours.

Log Bookons.

  • Mon p’tit marinou que se passe-t-il encore.
  • Je sors de l’atelier d’anglais pour françaises.
  • Ha pardon, vas y raconte.
  • Dès que j’en retrouve la force de vous la faire en direct.

What the fuck am I doing here?

Demoral : Ho, pardon Madame.

Ingrid : C’est quoi cette coupe de cheveux.

Waiting for a second participante to tell the truth.

Demoral : Ha, hello Ginou.

Ginou : What is this look?

Demoral : Long or short version?

Ginou : « … »

Demoral : Saturday around 12, everything was perfect in my life. But after the menage I couldn’t find my lighter. So I try to light my cigarette with the cuisinière. I smelt a strange thing on my face, it was my beaR.

Ingrid : and so?

Demoral : few to 53.

Maî : Aîu.

Demoral : Hi, Maî.

Ginou : Ho Maî

Ingrid : Who?

Demoral : Ben Mai

Ingrid : Ha you, welcom.

Mai : where did Napoléon never sleep?

Ha bah voilà ça va encore partir en couilles.

Demoral : Hein quoi ?

Ingrid : what?

Ginou : where ?

Mia : https://www.nipponcraft.com/goods_en_jpy_1726.html

Demoral : Rhaa Pfff …

  • Et là tout de suite, tu te sens comment?
  • J’ai quand même drôlement envie d’une bière.

Quand un marin dit

« MAY DaY »

Ca veut dire :

 » is there anybody around to m’aider « 

à la base, ça paraissait simple

pour communiquer avec celles d’en face.

Si c’est répété trois fois

it’s too late to be scared.

Merdons

La psychette : Mon p’tit marinou tu m’as l’air en pleine forme, ça fait plaisir.

Demoral : J’vais crever

La psychette : Que se passe-t-il, tu as encore regardé tes comptes?

Demoral : Non, je DOIS en écrire un, de conte, de Noel.

La psychette : Mais c’est formidable ça c’est pour quoi?

Demoral : C’est pour quand? C’est pour Demain.

La psychette : et pour qui?

Demoral : Une association loi 1901, j’ai droit de ne parler ni de religion, ni de politique et encore moins de cul.

La psychette : et tu le joues où?

Demral : A la cathédrale, sinon c’est pas rigolo.

La psychette : Bien, tu te détends, tu te fermes les yeux et tu me racontes ta nuit de Noel idéale.

Demoral Grmmbl.

La psychette : Sans t’étouffer, respire. Allez vas y.

Demoral : Alors c’est un couple d’adultes qui passent une nuit de noël devant une cahute

La psychette : Je ne veux surtout pas entendre la troisième rime, tu recommences de suite!

Demoral : Rhoo ça va, Bon, c’est juste une nuit sans soleil et de Noel. Un couple marche péniblement dans les rues d’une vielle ville d’un petit port provençal.

La psychette : Mieux , continue.

Demoral : Ils n’ont pas l’air en forme.. Lui est épuisé et nerveux. Elle est ronde comme un ballon. A vrai dire leur situation ne semble pas terrible. Ils ne savent plus où aller. Une lourde porte est restée entrecouverte dans un mur épais. Un trait de lumière traverse l’interstice. Ils entrent. C’est une bibliothèque.

La psychette : Bien, continue.

Demoral : Ha bah j’en suis là. Après j’ sais pas. C’a fait une demi heure que j’essaie de vous expliquer que demain, je participe à un jeu dont je ne connais ni les règles ni l’enjeu et que je commence à paniquer sévère.

La psychette : Tout va bien se passer, tu l’as déjà fait. Allez, on en reparle dans trois semaines.

Et pour l’illustration je fais quoi?

Tu crées un atelier photo, nigaud.

Poltron

  • Houlà mon p’tit marinou, ça n’a pas l’air d’aller.
  • Vous me scannez comme ça, vous, avant même que je ne vous dise bonjour.
  • Tout est marqué dans les traits de ton visage
  • Hé bé non, je vais très bien.
  • Soit, raconte-moi une belle histoire alors.
  • Ma première année en tant que skipper. La brokeuse m’avait envoyé au casse-pipe autour du Golf de Gênes sur une trapanelle
  • Au présent, tu es dedans.

Je suis en pleine tempête. L’entrée du port de Cecina ne devrait plus être loin mais je ne vois qu’une longue digue s’avançant en perpendiculaire depuis une plage infinie. De petits personnages s’agitent en bout de môle. Plus de doutes, le havre doit être par là. Je m’approche et découvre que la digue est en fait deux et que malgré l’absence de phare, il s’agit bien de l’entrée du port. Le hic est que dans la passe, ça tabasse. Ca déferle même.  Prudemment, je m’engage pour me faire prendre dans un tambour de machine à laver. Alors, perdu pour perdu, je mets les gaz à fond. Et là, si le bateau part toujours au surf, la puissance des milliers de chevaux mécaniques que je tiens dans une main redonne à la barre que je tiens dans l’autre la maîtrise de la trajectoire. Je déboule dans une sorte de lagune à la sortie d’un fleuve. De l’enfer au paradis en quelques brassées.

La psychette :    Ne trouves-tu pas étrange tous ces dangers auxquels tu as échappé et ces montagnes que tu te fais aujourd’hui pour rien ?

Demoral :           Ha c’est sûr que quand je frise l’évanouissement  avant un cour d’aquarelle, j’ai conscience de friser aussi le ridicule.

La psychette :     tu as peur de ce que tu aimes en vrai.

Demoral :           Oui, et plus ça me fait peur, plus j’ai envie de le   faire.

La psychette :     Tu es très courageux.

Demoral :           C’est vous que je trouve effrayante quand vous parlez ainsi.

La psychette :     Tu sais quoi ?

Demoral :           Ho ça va, pardon.

La psychette :     Tu devrais l’écrire tout ça.

Demoral :           Mais c’est ce que je fais.

La psychette :     Tréés bien !

Demoral :           Sur mon blog je raconte toutes nos entrevues.

La psychette :     Ho mon Dieu !!!

Demoral :           Qué j’ai dit encore ?!?

La psychette :     Tu ne peux pas faire ça !

Demoral :           C’est écrit dans la loi ou c’est un truc de psychette ?

La psychette :     Tu as besoin d’intimité. Ce qu’il se passe dans ce cabinet doit rester dans ce cabinet. Je suis psychette certifiée d’état tu peux tout me dire mais les autres n’ont pas à connaître ton moi profond

Demoral :           Parce que vous croyez que je vous l’expose mon  moi ?

La psychette :     Tu me paies pour ça.

Demoral :            Je ne suis moi que dans mon lit à l’endormissement ou au réveil c’est selon les désirs de la sirène.

La psychette :     Sors ton agenda on se revoit dans vingt huit jours.