La première fois où j’ai vu une petite cigarette de puuT en vogue, c’était à bord du Nunny, un chantier de Pise Akir de 16 mètres. J’avais seize ans. Mon père m’avait confié à un ami à lui, placé comme moussaillon sur ce yacht en partance pour Amalfi le lendemain du conseil de classe de seconde A ou B du lycée Bristol de Cannes. Le capitaine s’appelle toujours Patrick Mayet.

A son bord, un riche banquier recevait l’ambassadeur de France en Suède et son épouse, ambassadrice de Suède en France. Sa femme, charmante aveyronnaise fumait discrètement ces fines tiges. La première le leçon que j’appris en mer, après le fait de laver le verre du capitaine en dernier, fut de vider en permanence les cendriers du buveur de Mouton Cadet Rothschild qui les aimaient plus ronde, brunes et sans filtre.

Après les avoir appelés messieurs et mesdames Jansen ou Guillanson tout le long des cinq semaines de charter, j’ai vu le plus sérieux de la bande faire le zigoto déguisé en soubrette entre les îles du Lerins. La plus délurée de toutes expliquant qu’elle était heureuse d’être devenue trop vielle pour se faire violer, le capitaine a commencé a répartir le butin du trésor. Pour mon père et lui, la moitié des bouteilles cachées dans le moindre interstice du bateau, pour moi une enveloppe épaisse qui se transformera en mon premier polo Blanc Bleu et la cassette VHS de la version longue du Grand Bleu.

