Petit matin d’hiver, Demoral rentre chez lui. Durant sa ballade nocturne il n’a finalement fait que tricoter ses idées noires à la recherche d’un pont assez haut pour sauter. Au passage du pmu il entend une voix.
- Assieds-toi, prends le café.
Demoral lève la tête, c’est le patron qui lui fait cette injonction. Sans réfléchir il s’installe à la première place en terrasse. En face de lui une dame, probablement une femme de ménage en charge de l’entretien des halls d’immeuble, termine son café en semblant regretter que la méditerranée ne soit pas assez profonde pour y plonger sa détresse
Le patron dépose une tasse fumante devant Demoral hagard.
La dame demande à régler sa consommation.
- C’est le jeune homme qui vous l’offre.
Et le patron de repartir plateau en main et sourire pincé aux lèvres vers les autres clients. Deux tourtereaux hébétés d’être sortis de leur torpeur entament une conversation.
C’est peu de dire que Demoral en a fréquenté des bars. Mais un geste de cette classe, il n’en avait jamais vu. Il vient de basculer de phase.
