Avouons

La psychette : Mon p’tit marinou tu as l’air exténué.

Demoral : Je pète la forme !!!

La psychette : Je t’écoute, que se passe-t-il pour te mettre tant en joie?

  • J’ai retrouvé le goût de l’écriture. Je publie mes textes sur un groupe de rencontre pour gens comme moi et ils ont beaucoup de succès.
  • Je vois, toujours ce désir de les séduire toutes. Tu ne progresses pas sur les relations avec ta mère.
  • C’est de la psychologie de comptoir ça. Il s’agirait plutôt de mon père dont il faudrait parler. Ce baiseur insatiable était adepte des clubs échangistes aux quels il a tenté de m’initier.
  • Tu n’as pas suivi son exemple , j’espère.
  • J’y suis allé une fois avec un couple de lesbiennes mais le sexe publique n’est pas mon truc. Et puis, vous apprécierez mon côté féminin, je suis un cérébral. J’ai besoin d’un minimum d’intellect avant l’acte.
  • Bien, sur ta relation avec ton père tu avances. Il faudra le tuer un jour, tu sais.
  • Vingt ans après sa mort, mon admiration pour lui est intacte. S’il ne m’a pas transmi son goût pour le partage, il m’a en revanche convaincu que votre genre de réflexion n’est bon que pour satisfaire la perversion des membres de votre confrérie.
  • Ne régresse pas, tu me fais de la résistance là.
  • Ce mode de vie faisait, à l’époque dont je vous parle, partie intégrante de mon quotidien. J’étais capitaine d’un yacht dont le patron n’avait rien trouvé de mieux que de donner le nom d’un club libertin à Paris. Coïncidence où conséquence, les clients qui le louaient étaient souvent adeptes de ce genre de pratiques.
  • Comment savais tu pour le nom, tu connaissais cet établissement?
  • Non, au début où je travaillais pour ce bateau, j’avais fait beaucoup de démarches auprès des agences de location pour le faire connaître. Un jour, j’ai voulu vérifier si mon travail portait ses fruits en faisant une recherche pous savoir si le nom était connu sur internet. Je suis directement tombé sur le site de la boite à Paris.
  • Quelle a été ta réaction?
  • Un peu surpris quand même. J’en ai parlé au Boss qui a d’abord feint l’étonnement mais quelques mois plus tard, lors de notre première cuite commune dans un bar à légionnaire à Calvi, il m’a avoué que le bateau s’appelait comme ça parce qu’il y avait signé de juteux contrats sur l’oreiller au cours de ses parties fines.
  • Mon Dieu quel milieu.
  • Ben oui, et après j’avais régulièrement des clients qui louaient le bateau pour organiser des week ends avec leurs associés à grands renforts de champagne et de prostituées.
  • Demoral tu n’aurais pas dû accepter de telles conditions de travail, c’est amoral !!!
  • Ben quoi, c’était dix ans avant MeeToo. Je me remettais à peine de ma première crise maniaque. Je m’étais engagé dans la marine comme on entre en religion et le package yacht, putes et cocaïne me plaisait car c’était un métier fou compatible.
  • Mais tu n’y a pas touché au moins.
  • Un matin au café une beauté féline , nue comme une sirène, est venue discuter avec moi dans mon poste de pilotage. Une conversation simple et ordinaire entre deux professionnels en uniforme de travail.
  • Quel était le nom de ce bateau et de ce club?
  • Secret professionnel, pourquoi, vous seriez intéressée?
  • Demoral, tu n’est pas drôle.
  • Rhoo ça va y’a prescription
  • Sors ton agenda, on se revoit dans vingt huit jours.

2 réflexions sur “Avouons

    • C’est sûr, j’ai eu la chance de tomber dans ce milieu quand j’étais petit. Ces vingt années de yachtisme m’ont changé. Le Hic c’est que ça m »a donné une vision du monde peu adaptée à la société de terre et parfois aujourd’hui je galère. Merci pour tes likes.

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