Paxi – Erimitis

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  • Effectivement cette dernière photo ne date pas de ce jour là mais du tout début de saison au mouillage totalement interdit de La Semillante aux îles Lavezzi.
  • Mais bon, à priori, celles susceptibles de me les briser sur ce genre de détail ne passent pas ma page d’accueil.

Carte suivante :

ou

Retour à l’embarquement :

Paxi- Gaios

02.08.2002

C’est face à ce petit port que l’ensemble de l’équipage a pété les plombs pour la première fois.

C’était il y a déjà dix jours,

Depuis il y a eu de très bons moments puis un nouveau clash.

Si tout va bien,

il devrait y en avoir encore d’autres.

Reste à savoir qui de la mort

ou de la fin de saison

arrivera en premier.

A part ça,

ça roule,

c’est cool.

En attendant la prochaine catastrophe.

Demoral.

Réunion de chantier.

Carte suivante :

Au son des guitares .

Les histoires de mer se confondent souvent avec les histoires de bar.

C’est là qu’elles s’y racontent et se déforment.

Quand j’arrive dans un nouveau village, la première chose que je fais est de visiter l’église. Ensuite, je cherche le petit bistrot de la rue derrière. Là où il y a les vieux et les pêcheurs locaux. Avec mon uniforme j’y suis tout de suite bien reçu. Et si la serveuse est jolie, c’est le paradis.

Mais attention pas touche !!!

La barmaid est la psychologue du marin. Elle écoute ses joies, ses peines, remet et accepte sa tournée à l’occasion. Le regard ne doit pas descendre sous les épaules. Ou alors si, mais à la dérobée. Tout est dans l’art subtil de ne pas se faire gauler.

D’habitude c’est du patron ou de son hypothétique mec dont je me méfie. Là c’est la psychette qui m’a pris les yeux dans le sac. Et si l’univers vient de changer d’air, ses lois restent immuables. Deux femelles alpha, dont une sur le territoire de l’autre en présence d’un mâle reproducteur dans la force de l’âge, ne font pas bon ménage.

La psychette m’a souri.

La regardant disparaître dans la foule festive, je n’ai pu que capter  

Ci scuntremu

Après,

pendant dix ans,

je ne me souviens plus.

Et donc , dix ans plus tard.

Panarea.

A Panarea, les gens , ils sont pas gentils.

Ils ne savent que dire « vietato ».

Mon marin s’est pris une corde sous tension dans la figure,

il a 4 points de souture à la lèvre.

L’hôtesse elle dit que c’est de ma faute alors elle me fait la tête.

Mon Boss m’en demande toujours plus.

Moi, je voudrais juste un peu de tendresse.

Au fond, c’est le Stomboli mais j’ai pas pu encore voir la lave et le feu parce que ya trop de vent on peut pas y aller
J’ai vraiment une écriture de cul.
Le marin et sa lèvre ravagée

La Bossette, chercheuse en génétique au CNRS tout de même.

Votre serviteur.

Le Docteur local.

Vietato : Interdit

Exemple : Il ne faut pas diffuser de photo de gens.

Contre exemple : Je m’en bats les couilles, ya prescription. C’était il ya plus de vingt ans.

Carte suivante :

Perle del Mediterranéo.

Les iles Eoliennes

Ma tototte ma tototte ma tototte

ça commence à devenir plutôt classe.

Ma Möman Ma môman , je veux ma môman !

C’est plein de volcans, de grottes, de paysages super variés

mon Papa mon Papa, je veux mon papa !!!

Et de petits villages vachement mignons.

Ma tototte ! ma môman !! mon papa !!!!

En plus, il fait beau.

… — … _ _ _ — … !?!

Pourtant je ne sais pas d’où ça vient,

Y’a comme un bruit de fond qui me rend fou

Quand je cherche mon chemin

Par trois mètres de fond

Quand la carte m’en annonce cinq.

Vous noterez l’adresse en rimes.


Carte suivante :

Générique de fin :

Ce avec quoi mon papa m’éduqua

Dès l’âge de cinq ans

Calculons.

Mettons qu’il me reste 24 000 euro

C’est pas vrai, c’est pour simplifier les calculs.

Accrochez vous, on travaille en base douze.

Une bière coute trois euro.

Mettons, c’est toujours pour simplifier les calculs que j’en boive huit par jour.

Trois fois huit vingt quatre, cherchez pas c’est pas assez mais c’est comme ça.

Il faudrait que vous compreniez la base dix pour que je vous explique.

Donc, il me reste mille jours à vivre.

S’il y a des putes à arroser je peux faire plus court.

5G d’héroïne en intraveineuse, et c’est l’aller simple pour le paradis.

Contractons.

Depuis que j’ai , disons seize ans, je discute avec Dieu.

Un soir, alors que je lui demandais de la main droite comment devenir le meilleur marin ayant jamais écumé les mers de tous les temps, le Diable m’a proposé d’acheter mon âme.

Malgré ses assauts répétés depuis 33ans, j’ai toujours refusé.

Chevaleresque, je me pose en défenseur de la veuve et de l’orpheline. 

Cette nuit, je les ai croisées toutes les trois.

Ils sont en vacances familiales à Antibes, l’entreprise marche bien.

Nous avons conclu l’affaire.

Contre une bière, une pipe et une sodomie.

Embarquement.

La Merendella.

(Retour à l’embarquement)

Attablés à notre sorte de carré VIP, Gérard, la psychette, mon père et moi contemplons le va et vient des vacanciers en se demandant pourquoi ils ne se mettent pas d’accord pour rester une bonne fois pour toute du même côté du port plutôt que de se croiser en un incessant ballet. L’orateur est bien entendu mon daron qui nous narre sa route du jour.

D’abord la navigation houle de face et les joies pour ses passagers de découvrir les plaisirs de l’apesanteur lorsque frappé par la vague, le bateau retombe plus vite que les corps et la plus part de leurs organes. Puis passé la Scandola, les coups de surf vent arrière qui, il est vrai, peuvent impressionner le néophyte peu habitué à pratiquer ce sport sur une planche de cent cinquante tonneaux. Surtout lorsque l’accélération prend fin dans un coup de frein provoqué par la lame précédente qui invite le navire à repartir en arrière.

L’ambiance sonore est assurée par les cris des mamans, les vomis des enfants et les alarmes de cale car, aussi luxueuse soit elle, aucune embarcation n’est tout à fait étanche. Sans oublier le ronron des moteurs qui , à ce moment précis ressemble à un râle déclinant ne demandant qu’à se taire. Et puis quoi ? Les verres du capitaine et du Boss qui trinquent à leur bonne fortune.

Alors que le soleil n’en fini plus de savoir si il se lève ou il se couche, la conversation devient des plus ordinaires.

Gérard :        Parce que tu comprends, Pôle, y’avait pas pénalty, et l’arbitre il siffle quand même.

Papa :            Ben oui, ils ont fait un arbitrage maison, quoi.

Gérard :        Non, c’est pas ça. Nous aussi on le fait quand on reçoit. C’est normal. Mais là y’avait pas pénalty, c’est éthique.

Papa :            Si tu le dis. Tiens v’la mon Boss. Il veut te causer Demoral.

Demoral :     Pourquoi moi ?

Papa :            Le Boss mon fils, mon fils le Boss.

Le Boss :       Alors c’est lui ?

Demoral :     Qui lui ?

Le Boss :       Celui qui abandonne.

Demoral :     J’ai rien abandonné, j’ai le papier mais je ne veux pas bosser à l’usine.

Le Boss :       C’est quand même dommage d’avoir fait tout ça pour rien.

Demoral :     La dernière fois que vous avez pris l’apéro en short de bain, mal rasé, au cul de votre yacht, avec un collaborateur de rang inférieur comme moi, c’était quand ?

Le Boss :       S’il vous plait patronne, veuillez servir ma tournée.

Pascale :       Qu’est ce que je vous sers mes amours ?

Gérard :        Pietra

Papa :            Casa

Le Boss :       Pietra

Demoral :     Pietra

La Psychette : Orezza.

Demoral :     (et merde. )

Le Boss :       Et vous, gente demoiselle, que faites vous dans la vie ?

La psychette : psychette.

Papa :            Ha bon, vous êtes docteur de la tête ?

La psychette : Si vous souhaitez vous exprimer ainsi.

Papa :            Et qu’est ce qu’il a, alors, mon fils ?

La psychette : Il n’a rien. Il a trouvé un truc mais ne sait pas encore s’en servir.

Papa :            Bah v’la aut’chose !!! Et vous comptez lui apprendre à s’en servir de son machin?

La psychette : Je ne vais pas vous promettre que ce sera facile tous les jours

mais il peut réaliser quelque chose de beau.

Papa :            Bon ben tout va bien alors. Pascale, qu’est ce qu’on becte ?

Pascale :       J’ai des gambas flambées au casanis.

Papa :            Une

Gérard :        Deux

Demoral :     Trois

La psychette : Une salade de brocciu frais, s’il vous plaît.

Demoral :     (et merde … )

Le Boss :       Je préférerais me joindre à vous pour le dîner mais ma cour m’attend à bord.

Le Diable est à table.

Au son des guitares :

Dieu est ailleurs.