Le patron

Petit matin d’hiver, Demoral rentre chez lui. Durant sa ballade nocturne il n’a finalement fait que tricoter ses idées noires à la recherche d’un pont assez haut pour sauter. Au passage du pmu il entend une voix.

  • Assieds-toi, prends le café.

Demoral lève la tête, c’est le patron qui lui fait cette injonction. Sans réfléchir il s’installe à la première place en terrasse. En face de lui une dame, probablement une femme de ménage en charge de l’entretien des halls d’immeuble, termine son café en semblant regretter que la méditerranée ne soit pas assez profonde pour y plonger sa détresse

Le patron dépose une tasse fumante devant Demoral hagard.

La dame demande à régler sa consommation.

  • C’est le jeune homme qui vous l’offre.

Et le patron de repartir plateau en main et sourire pincé aux lèvres vers les autres clients. Deux tourtereaux hébétés d’être sortis de leur torpeur entament une conversation.

C’est peu de dire que Demoral en a fréquenté des bars. Mais un geste de cette classe, il n’en avait jamais vu. Il vient de basculer de phase.

Marina Baie des Anges

En fin de croisière, mon traitre d’équipage m’a abandonné. Ils sont allé tout raconter à la brokeuse qui m’a appelé pour en savoir plus. Je n’ai dit que du bien d’eux.

Par contre le patron ne m’a pas oublié. Il a fallu recruter. D’abord Yann, un ami plongeur qui me grattait les hélices du temps de « Manouche ». Puis Carolita, probablement recrutée en fin de soirée du côté de SaintTropez.

Ca s’est tout de suite mieux passé

Marin, un bien rude métier.

Pas toujours en uniforme la petite.

C. des Mèdes, Porquerolles.

Rompons.

  • Mon p’tit marinou je ne t’ai jamais vu aussi bien.
  • Il vous reste pourtant quelques centimètres de ma personne à soigner.
  • Ha non Demoral, j’étais pleine d’éloges et dès la première réplique tu retombes dans tes travers.
  • Sexe n’est pas un gros mot pas plus que fellation.
  • Certes non mais tu ramènes tout à ça. Tu dois fatiguer tes amies, ne te l’ont elles déjà dit?
  • Il fut un temps où cela les faisait rire mais là n’est pas la question. Je ne les paye pas pour solutionner mes problèmes.
  • Alors tu as besoin d’un sexologue et plus de moi.
  • Vous  m’avez dit vous même que le souci était dans la tête. J’ai le bonheur à portée de verge et je n’ose le saisir. Encore une fois j’ai peur su succès. Elle réagit tellement bien à mes caresses et plus encore que je n’ose imaginer le résultat si j’arrivais à lui faire correctement l’amour. Si je n’avais pas l’envie pour une fois d’être sérieux je prétendais penser à mes voisines mais l’heure est grave docteur elle est peut-être celle que j’attends. Je ne veux pas la perdre à cause d’une matière grise qui bloque quelques centilitres de sang à l’entrée d’un corps spongieux.
  • Elle t’a délié la langue en tout cas.
  • Vous faites de Demoral maintenant ?
  • Demoral !
  • Pardon ça m’a échappé.
  • Parle moi plutôt de cette étrange italienne.  Quelle genre de peintre est elle?
  • C’est une sorte de David Hockney si il avait été femme mais elle gagne sa vie en faisant du Berthe Morisot c’est plus dans l’air du temps.
  • Tu peux me montrer?
  • La prochaine fois
  • Il n’y aura pas de prochaine fois. Tu n’as plus besoin de moi.
  • Alors accepteriez vous un café?
  • Au PMU?
  • Au PMU.

Patientons

  • Mon p’tit marinou qui a l’air de plus en plus tendu
  • Libérez moi je n’en peux plus!
  • Comment s’est passé ton week-end?
  • Ne me posez pas cette question si vous ne voulez pas m’entendre causer velu.
  • Tu n’as tout de même pas fait que des activités inaudibles par mes chastes oreilles.
  • Principalement si, mais nous avons aussi discuté et fait connaissance. Contrairement à ce dont vous me mettiez en garde , elle ne souffre d’aucune pathologie psychiatrique hormis le fait d’être une femme.
  • Demoral ! Tu évites la vulgarité pour tomber dans le piège d’une misogynie totalement déplacée dans la bouche de quelqu’un qui tombe amoureux à chaque coin de rue. Es tu amoureux ?
  • Il est trop tôt pour le dire mais pour sûr je tiens une piste.
  • C’est peut être moi qui en tiens une sur la voie de ta stabilisation. Tu deviendrais raisonnable.   Qu’avez vous fait?
  • Basiquement nous ne sommes sortis que très rarement du dessous de la couette mais, et dans la mesure oû je sais que ça ne sortira pas d’ici, je n’ai pas de détails sordides à vous raconter, je n’ai pas bandé.
  • Je te vois venir. Ne mets pas en cause le traitement , rappelle toi ton aventure d’il y a deux ans, avec le même tu t’étais pris pour un taureau.
  • Rien à voir, c’était un plan cul. Là c’est pour construire.
  • Et que fait elle dans la vie?
  • Elle a assez de talent pour vivre de sa passion la peinture. En un mot, elle est libre.
  • Très bien je te garde encore un peu en observation cette semaine et si tu arrives  à me faire baisser ces tensions, tu sors vendredi.
  • Patienza e la vertu dei forti.

Biaisons.

  • Mon p’tit marinou que t’arrive t il, tu m’as l’air tout anxieux
  • Le bonheur est en route.
  • Cela devrait te remplir de joie.
  • Plusieurs fois j’ai cru le toucher et il m’a échappé.
  • Sous quelle forme se présente t il cette fois ?
  • Une femme bien entendu. Italienne , rencontrée au cours de mon dernier séjour en hôpital psychiatrique.
  • Ha non tu ne vas pas me refaire le coup  . La dernière fois tu t’es retrouvé séquestré chez ta conquête.
  • Ça ce n’est rien. La fois d’avant elle est tombée raide morte à mes pieds. Quand je brise les cœurs je ne le fais pas qu’à moitié.
  • De quoi as tu peur cette fois ? Finalement même si tu dois rester très prudent que peut il t’arriver de pire?
  • Elle est sur la route d’ Antibes en ce moment même. Si nous nous sommes rencontrés c’est que la dernière fois qu’elle a fait ça, elle se souvient d’être parti de Rome puis de se réveiller hospitalisée chez les foldingos via le service neurologique avec une énorme bosse à la tête. Elle est comme moi une erreur médicale.
  • Je croyais que depuis ton entrée à l’hôpital de jour tu avais admis ta pathologie.
  • Je suis bien obligé sinon ils vont me remettre à travailler
  • Franchement tu crois pas que ça te ferait du bien
  • Attention vous n’êtes pas loin du »arbeit macht frei » quand vous me dites ce genre de bévue.
  • Je vois que ta tendance à l’exagération se porte bien.
  • Et puis d’abord le théâtre et le cinéma,  n’est ce pas du travail?
  • Tu as raison mais on se revoit lundi, je préfère. Tu me raconteras tes exploits
  • J’espère ne pas être en mesure par décence de tout avouer.
  • Demoral ! Une séance sans allusion au sexe ce serait possible?
  • Rassurez vous, pour le moment je n’en suis qu’à l’illusion.

Gronchons

La psychette : Bonjour mon p’tit marinou, alors toujours fâché?

Demoral : oui

– Bon, reprenons. Qu’est ce qui te chiffonne ?

  • Je fais tout pour vous plaire et vous m’en demandez toujours plus.
  • D’une part tu n’as pas à me plaire,  tu es là pour te soigner. D’autre part en quoi deviens je plus exigeante?
  • Ce n’est pas tant exigeante que contradictoire. Vous me reprochez maintenant de faire trop de sport et de boire trop d’eau, il faudrait savoir. A quand des restrictions sur l’air que j’inspire?
  • Ne fais pas l’enfant ! Admet qu’un semi marathon et quinze litre d’eau par jour si je ne te freinais pas c’est un peu exagéré. Tu dois trouver la juste mesure.
  • La fumeuse voie du milieu dont nous bassinent les taoïstes. C’est déjà le moment où je vais m’énerver.  Dans moins de trois répliques vous allez enchaîner sur profiter de l’instant présent.
  • Tu vois tu t’enflammes
  • Ben voyons et maintenant je parle trop, c’est ça?
  • Tu ne parles pas trop, tu parles mal
  • Je vois vous allez me ressortir l’affaire des nichons de la petite Ninon.
  • Parler en clinique à une gamine dépressive comme au comptoir du pmu est intolérable. La deshinibition te fait tenir un langage qui ne te met pas en valeur
  • C’est pas comme si elle n’avait pas été confrontée à ce genre de propos de la part d’autres patients.
  • Tu as dépassé les bornes et quand bien même. Tu te veux gentleman n’utilise pas le lexique d’un supporter de foot.
  • Je lui ai présenté mes excuses.
  • Soit, alors l’affaire est close. Raconte moi ta vérsion de la dernière hospitalisation.
  • Rhoo j’ai pas envie, vous n’avez qu’à relire mon fil d’actualité Facebook de ces cinq dernières semaines.
  • Très bien on se revoit dans vingt huit jours

Ressucitons

La psychette : Mon p’tit marinou, comment va-t-il?

Demoral : Il ne fait rien.

  • Comment ça rien! Il n’y a que les impotents qui ne font rien.
  • Je marche en peignoir de la fenêtre de ma chambre à celle de la cuisine en écoutant de la musique corse. Le pire c’est que cela me conviendrait presque s’il n’était que cette vie a le gout d’un bon plat sans épices.
  • Qu’entends tu par là?
  • Un avenir sans femme est fade à envisager.
  • Réfléchit un peu. Comment pourrais tu satisfaire ton insatiable appétit pour la rencontre féminine?
  • L’écritures sur internet, c’est là que sont les femmes.
  • Bien, fait ça.
  • Mais c’est ce que je fais, d’ailleurs j’ai une piste : Une zébrette me lit. Elle m’a laissé un message et j’ai réussi à l’entrainer en discussion. Mais très vite elle m’a demandé ce que je faisais, à croire que c’est une dictature. Ne rien faire est une activité comme les autres.
  • Forcément si tu dis d’entrée que tu glandes toute la journée c’est pas gagné.
  • Je sais alors je lui ai parlé de l’association.
  • Mais tu n’y vas plus depuis des mois. Tu sais très bien que quand tu mens tu te fais prendre de suite.
  • Ce n’est pas vraiment un mensonge. Je vais reprendre et l’écriture aussi. Tout ce dont j’ai besoin dans le vie, c’est d’une muse pour jouer avec moi.
  • On se revoit dans vingt huit jours.

Trions

Mon p’tit marinou, comment il va?

Demoral: (Soupir) J’ai l’impression de tourner en rond.

La psychette: Peut-être as-tu besoin de te fixer de nouveaux objectifs.

Demoral: (Avec un sourire amer) Des objectifs ? Moi ? Plutôt des bouées de sauvetage.

[Le patron du bar s’approche de leur table, un verre à la main]

Le patron: Alors les amoureux, on cause toujours de la vie, de la mort et de tout le reste ?

Demoral: (Surpris) Salut patron. Ben, on essaie de trouver un sens à tout ça.

Le patron: (Il rit) Vous êtes des philosophes, vous deux. Moi, je suis plus terre à terre. Un verre ?

Demoral: Avec plaisir.

La psychette: Merci, patron.

Le patron: (S’adressant à Demoral) Tu sais, j’ai un pote qui a un petit bateau de pêche. Il cherche quelqu’un pour l’aider en saison. Tu pourrais peut-être te défouler un peu.

Demoral: (Intrigué) Vraiment ? Tu crois que ça pourrait m’intéresser ?

Le patron: Pourquoi pas ? Tu serais au grand air, loin de tout ça.

La psychette: (Souriant) Ça pourrait être une bonne idée. Un peu de changement ne te ferait pas de mal.

Demoral: (Réfléchit) Tu sais quoi ? J’y réfléchis sérieusement.

Le patron: Fais-moi signe si ça t’intéresse.

Demoral: Je le ferai. Merci patron.

[Le patron s’éloigne]

La psychette: Tu vois, il y a toujours une solution.

Demoral: (Souriant) Peut-être que tu as raison. Peut-être que j’ai besoin de changer d’air.

Futurons

« Le jour où la mer m’a parlé »

« Je me souviens d’une nuit, au large des côtes corses. Le vent hurlait, les vagues s’écrasaient contre la coque, et le bateau dansait une valse folle sur les flots. J’étais seul aux commandes, le reste de l’équipage blotti dans ses couchettes. La lune, voilée par les nuages, illuminait par intermittence la mer déchaînée.

Dans ce chaos, j’ai eu l’étrange sensation d’être en parfaite harmonie avec les éléments. C’était comme si la mer et moi ne faisions qu’un. J’ai fermé les yeux et écouté le grondement des vagues, le crissement du vent dans les haubans. Et puis, dans ce vacarme assourdissant, j’ai cru entendre une voix. Une voix douce, mélancolique, qui me murmurait des secrets.

Elle me parlait de la solitude de l’océan, de la beauté de la tempête, de la force de la nature. Elle me disait que je n’étais qu’un grain de sable dans l’immensité de l’univers, mais que j’avais ma place, ma raison d’être. Dans ces moments-là, j’ai compris que la mer n’était pas seulement un élément, mais un être vivant, capable d’émotions et de pensées.

Lorsque le calme est revenu, j’ai ressenti une profonde tristesse. C’était comme si j’avais quitté un ami pour toujours. Mais cette nuit, j’ai compris que la mer serait toujours là pour moi, un refuge, un confident, un miroir de mon âme tourmentée. »

Texte généré par mon intelligence artificielle.