Crayons.

La psychette : Mon p’tit marinou, que fais tu ici?

Demoral : J’ai la photo.

La psychette : C’est bien mais encore?

Demoral : J’ai aussi la musique.

La psychette : Je ne comprends pas, explique mieux.

Demoral : D’accord mais avant tout on pourrait pas arrêter le coup de la psychette et Demoral à chaque fois?

La psychette : …

Demoral : Ca prend un temps un temps fou à écrire et avec mon clavier dont les touches tombent en panne les unes après les autres, ça me pose des problèmes insolubles de mise en page.

La psychette : Mais bien sûr mon petit marinou. Tu sais, à part peut être Akissimo, ton lectorât est plutôt féminin et très intelligent. Elles comprennent bien qu’une ligne sur deux c’est moi qui parle.

  • Merci.
  • Bien et maintenant que tu es soulagé, exprime ce qui t’amène.
  • Ha baH j’sais plus du coup.
  • La photo, la musique.
  • Ha oui, merci , ça veut dire que je peux écrire un billet.
  • Formidable, c’est une activité très saine pour ton esprit torturé.
  • Ben oui mais je ne sais pas quoi raconter.
  • Décris juste tes pensées.
  • Et que croyez vous que je fasse depuis quarante quatre ans ?!?
  • Pas celle-ci, les autres, celles qui ne restent pas dans ta tête.
  • Isinuriez vous kilnyaka fixer le présent?
  • Si c’est ta conception de la création, pourquoi pas .
  • C’est quand le vrai rendez-vous?
  • Dans quinze jours, mon p’tit marinou.
  • Je vais y réfléchir.
  • Senza Sperenza.

  • Dis moi, mon p’tit marinou, elle est où la musique?
  • Ben sur mon Facebook.
  • Et comment je la trouve?
  • Ha bah, c’est sûr si vous m’suivez pas on va pas s’en sortir !

Donnons :

  • Mon p’tit marinou, ça fait longtemps que je te t’ai vu.
  • Quoi, c’est une convocation?
  • Tes derniers écrits m’inquiètent.
  • Ha, vous me lisez?

-Un impatient m’a posé un lapin. J’ai du penser à toi dans un moment creux.

– Ha bon, je pensais que vous aviez mieux à faire.

– D’habitude oui, mais là j’avais envie d’inutile

– Et alors?

– J’ai moi même pris rendez vous avec un spécialiste.

– C’est en effet l’effet que je fais : Donner envie de lire. Prêter à faire l’amour, avec les textes des autres et autres rimes en ex.

– Demoral, je te perds.

– Vous ne m’avez jamais trouvé.

– Très malin. Narre moi, comme tu sais si bien le faire une histoire de marin propre à te solutionner une névrose latente.

– Non.

– Et per que No ?!?

– Vous n’avez pas les moyens des mes histoires.

– Explique mieux, je ne comprends pas.

– Non.

– Alors pourquoi t’es venu?

– Pour tout autre chose.

– Explique, gigolo de Toi !!!

– On tient une piste.

– Tu te prostitues?

– Je préfèrerais.

– Trop obscure.

Demoral : Jai pris en pleine tête, entre les deux yeux, une idée qui m’a laissé entre les oreilles une place dont l’expression refuse de trouver la trace.

La psychette : Ha oui, je vois, tu vas revenir sur ta fumeuse théorie de la Dimension n.

Demoral : Oui.

La psychette : Vas y.

Demoral : Vous m’avez demandé de raconter des histoires passées et j’ai accepté.

La psychette : Mais oui et bravo, regarde, tu n’as presque plus besoin de consulter.

Demoral : Ben oui mais non. Vous, vous allez mieux mais moi j’empire.

La psychette : Comme Napoléon !

Demoral : Et en plus je vous contamine.

La psychette : Tu es vraiment très mignon. Tu gagnes toujours et tu me pousses à te demander de me laisser imaginer, sans aucun espoir de trouver un remède à ton mal, ton histoire au présent.

Demoral : Merci, j’avais peur que vous me demandiez de faire de la prospective.

La psychette : Accouche !.

Demoral : Par un enchaînement de situations improbables, je me retrouve impliqué dans un organisme au sein duquel, et c’est pour ça que je les ai choisies, je n’ai rien à faire sinon vaincre mes démons.

La psychette : C’est merveilleux.

Demoral. Ces démons sont la clef de leur réussite.

La psychette : Je te revois au prochain équinoxe.

Live fast, Sail slow.

Charlatons.

  • Mon p’tit marinou, ça va mieux ?
  • (mes couilles la mise en page)
  • Mieux que quoi ?
  • Ben que la dernière fois.
  • Quelle dernière fois.
  • Bien, respire, raconte-moi une belle histoire.
  • Mon premier AVC reste un de mes meilleurs souvenirs de mer. C’était la première sortie avec mon dernier Boss sur un bateau qui, pour en avoir suivi de loin la conception, je le savais et c’est pas du pessimisme, ne pouvait pas décemment naviguer. Disons pour faire simple que la marque pour laquelle je travaillais depuis des années s’était mis en tête de construire une Mercédès avec des pièces de Twingoo. Même la brokeuse que j’avais patiemment observée tordre son pigeon, m’implorait du regard.
  • Mon Dieu et que s’est-il passé ?
  • Parti de La Napoule, arrivé à destination, je remarque d’abord que la fumée de ma cigarette ne sort pas droite de ma bouche. Ensuite, alors que l’urgence d’une pompe qui sent le chaud n’est pas plus grave que le moteur de l’annexe qui ne démarre pas,  je dois prendre le temps d’expliquer à la porte de la salle des machines qu’il serait bon qu’elle s’ouvre sous l’impulsion de ma main droite sans le secours de celle de la gauche. Enfin, je me suis quand même inquiété quand d’un grand sourire j’ai tenté de rassurer mes passagers et qu’un seul de mes zygomatiques a répondu.
  • Vous avez appelé les pompiers ?
  • Y’a pas de psychette disponible en rade de Porquerolles. Non, Il m’a fait goûter un Pessac Léognan premier cru classé, vous me pardonnerez j’ai oublié l’année. Ca m’a déclenché des petites lumières à la surface du cerveau c’est bien simple, je n’ai jamais rien revécu de tel.
  •   Je te sens un peu fatigué là
  • Vous ne voulez vraiment pas qu’on continue l’entretien au bistrot du coin ? Ils on de la bonne tisane, j’ai demandé au patron qu’il en fasse venir de chine rien que pour vous.
  • Je ne te compte qu’une demi séance.
  • Cette monétisation du droit à la parole m’interpelle au plus haut point. C’est pas moral d’en arriver à ce point.
  • Arrête de te poser toutes ces questions ou je ne te fais pas payer du tout et tu m’auras, pour le coup, réellement fait perdre mon temps.
  • Vous savez que, considérant son écriture comme ayant plus de valeur que les chiffres dessinés dessus, les vraies admiratrices de Picasso n’encaissaient pas ses chèques ?
  • Surveille quand même tes comptes, Demoral.

Les commentaires sur la platitude de mon ventre sont acceptés,

Sur la rotondité de ma poitrine un peu moins

Sur celle de la terre, faut voir les arguments.

Applausons

La psychette :     Ha mon p’tit marinou, il a l’air en pleine forme !

Demoral :           Il cherche la forme la moins douloureuse possible de quitter ce monde.

La psychette :     Mon Dieu, que t’arrive-t-il ?

Demoral :           Rien.

La psychette :     Comment ça rien ?

Demoral :           Le Néant, ma vie est insipide.

La psychette :     Le Néant c’est quand on est mort et tu m’as l’air bien vivant. Raconte moi une belle histoire.

Demoral : C’était un charter d’hiver. Je m’étais pris la tête avec la capitainerie à propos de l’emplacement que j’avais créé l’année précédente et qu’ils ne comptaient pas me renouveler.  Du coup, le jour de la mise en place, ils m’ont fait patienter deux heures à l’extérieur du port. Temps qu’a mis à profit mon ami gitan que j’avais convié pour l’occasion à l’apéro, pour observer la transformation d’un type rigolo en marin légèrement agacé. Lorsque sur le douze on annonce enfin le nom de mon embarcation, je découvre que la place qu’ils m’ont allouée n’est pas qu’inaccessible, elle est hautement improbable. C’est dans ces moments que je switch Zen.

La psychette … « clignement des ses deux yeux de biche »

Demoral : Dans ces moments là, je ne demande pas, j’ordonne encore moins. J’indique du regard du doigt, éventuellement du dos si faut pousser la chose flottante d’à côté qui gêne mes hélices, qu’il serait souhaitable d’aller dans mon sens avant d’oser me poser la question du choix mystique de l’orientation de mon bateau.

La psychette : « regard pétrifiant mais attendrissant »

Demoral : Par contre quand je crois que c’est fini , que tout est cuit mais  que l’équipage du vieux cul rond du quai d’en face m’applaudit, il ne me vient qu’ une simple révérence et l’espoir que la vie n’est pas si inutile.

La psychette : Tu veux que nous reprenions les scéances à domicile ?

Demoral : Ho oui, si vous voulez je vous parlerai de mon séjour au monastère !!!

La psychette : Tu es allé chez les moines ?

Demoral : Oui. En quelque sorte. Disons puisque je ne peux rien vous cacher qu’il s’agissait plus d’un couvent mixte aux règles modernes.

La psychette : Sors ton agenda, tu m’exaspères.

Aujourd’hui, je suis heureux.

Pendons.

La psychette :     Bien. La dernière scéance fut un peu dure. Peux tu me narrer un événement heureux de ta carrière ?

Demoral :           La fois où j’ai troussé la fille du Boss ?

La psychette :     Sans aller jusqu’à cette extrême, juste un Episode    joyeux.

Demoral :         Episode précisément. An 2002 avant Demoral, Grèce occidentale. Le Boss repère que je ne lâche jamais mon poste et, un soir, alors qu’après trois semaines de mouillages houleux j’ai trouvé un lac pour ma barque, m’ordonne de prendre du     repos.

La psychette :     Bene.

Demoral :          

Son invitée qui, j’exagère un peu, n’est pas sa fille sans ça il aurait été incestueux se propose de                    m’accompagner.

La psychette :     Quelle belle marque de reconnaissance, tu devais être content.

Demoral :           Ha Bah la reconnaissance j’y ai goûté dans les bois au-dessus du château au dessus de la baie où                                   reposait le bateau.

La psychette :     Mais c’est amoral !

Demoral :           Ben oui, et puis nous avons répété l’expérience à chaque occasion jusque la fin de la croisière. .

La psychette :     Tu ferais l’amour à n’importe qui n’importe quand !

Demoral :           Je ne me fixe effectivement que peu de limites. D’ailleurs il a l’air confortable votre divan.

La psychette :     Enchaine sur quelque chose de plus voie du milieu.

Demoral :           Ma vision du féminisme ?

La psychette :     Te sens tu capable de rester modéré ?

Demoral :           Pas de problème, c’est très clair dans ma tête obscurcie.   

La psychette :     Spiega.

Demoral :

         J’ai le Démon. Une femme, c’est inscrit dans mon ADN, c’est pas tant pour la sauter mais faut que je la séduise. Par n’importe quel moyen. Toutes mes hôtesses et cuisinières ont eu à subir une de mes attaques. Leur réponse était presque invariablement le récit d’une violence sexuelle ou d’un abus conjugal. Ca calme les ardeurs.

La psychette :     Et tu arrêtais de les ennuyer ?

Demoral :  Ben oui, je me transformais en vous.

La psychette :     Brava!

Demoral : 

Pas nécessairement, la thérapie du marin ne se passe pas dans un cabinet insipide mais dans des tavernes sordides. En fin de soirée, c’était à mon tour de lutter contre l’envie dévorante qu’a la femelle de se reproduire. Et comme je viens de vous le démontrer, je n’oppose que peu de résistance à la jouissance.

La psychette :    

On se revoit dans vingt huit jours.    

Bibrons.

La psychette :     Mon p’tit marinou, reprenons des études sérieuses.

Demoral :           Pourquoi, jusque-là on faisait quoi ?

La psychette :     Chez toi c’est quand même un peu léger.

Demoral :           Ha bon ?!?

La psychette :    De quoi souhaites tu m’entretenir ?

Demoral :           Ben j’me fais chier

La psychette :     Et qu’aimerais tu faire ?

Demoral :!          Qu’aimerais-je donc qu’on me fasse est plutôt la question.

La psychette :    …

Demoral :           On enchaîne sur quoi, la mort ou sur l’amour ?

La psychette :     Demoral, il faut que je te parle.

Angoisse instantanée, fulgurante.

La psychette :     Nous avons réuni le conseil de l’ordre des psychettes.

Eclair glaçant de l’hypophyse à l’extrémité de la verge.

Entre les oreilles une brûlure.

Estomac porté disparu.

« Tu comprends, voici quand même six mois que tu vas bien.

Ce n’est pas normal.

Dans ton contrat, tu dois être mal, voir désespéré, au moins six mois dans l’année.

Discute pas c’est comme ça. »

Demoral :           Je peux tout vous raconter si vous voulez, j’avoue     tout

La psychette :     Tu veux confesser quoi, au juste ?

Demoral :           Comment, sans faire exprès, j’ai un peu tapé dans la caisse du bord.

La psychette :     Ma é stupidu, tout le monde s’en moque de tes histoires de « yacht » et de « prostituées ».

Demoral :           Ho ?!?

La psychette :     Il faut absolument et urgemment que tu règles ton souci avec ta mère.

Demoral :           Ha la pute Borgne !!!

La psychette :     Tu vois.

Demoral :           Quoi ?

La psychette :     Comment ça quoi ? Parle moi d’elle imbécile !

Demoral :           Elle va très bien, merci pour elle.  On rigole bien quand je lui raconte mes aventures. Surtout qu’en ce                      moment, je suis content, j’avance bien dans la  rédaction de son oraison funèbre.

La psychette :     Prends ton agenda, on va intensifier la thérapie.

Violon.

Demoral : La psychette ?

La psychette : Tu vas si mal que ça ?

Demoral : Je pense ne plus pouvoir éviter l’internement.

La Psychette : J’arrive.

J’improvise un semblant de ménage et, sait-on jamais, prends une douche et me brosse les dents.

Demoral : Ha Docteur,

La psychette : Ne me cherche pas sur la flatterie, ça ne marche pas. Dis moi ce qu’il se passe.

Demoral : Ben justement, rien.

La psychette : Et tu voudrais quoi ?

Demoral : Ne me provoquez pas.

La psychette : dis

Demoral : Una Pipa, ça existe dans le Larousse corse ?

La psychette : Bien. Raconte moi ta plus belle nuit d’amour.

Demoral : 2002, Golfe Ambracique. Au retour de la promenade autour du château local quand la pute du Boss m’a sauté dessus. Un viol caractérisé avec orgasme sans intention de le donner, vous vous souvenez ?

La psychette : Au présent, raconte au présent. Revis l’Episode.

Demoral : Vous êtes sûre ?

Demoral : Ha, c’est toi ?

La pute : à qui t’attendais tu ?

Demoral : à la pute

La pute : Ben c’est moi, la Pute du Boss.

Demoral : Ha merde, je croyais que c’était la cuisinière.

Nous sommes, du moins je suis, endormi sur le bain de soleil sous la lune, sur le fly. Sa présence m’a réveillé. Je me suis juste un peu trompé d’identité. Dans le doute j’ose une main promeneuse sous la nuisette. Elle ne cache rien. En tous cas pas de dentelles superflues, ni de peur du loup. Je switch On my Joy Stick.

La psychette : On va peut être s’arrêter là. La prochaine scéance se fera à mon cabinet.

Demoral : Ma profession me dit que non. Une interdiction tacite que je me suis faite de ne rien …

La psychette : De ne rien quoi ?

Demoral : De ne rien m’interdire, suivez moi bien :

Demoral : Si j’ai obtenu des diplômes de navigation britaniques, je navigue toujours sans contrat. Aussi n’ayant pas encore à me plier aux codes débilisants de la corporation des marins français, je décide de goûter l’instant.

La psychette : Je te fais une facture à quel nom cette fois ?

Demoral : Mon premier et unique capitaine m’a appris  « Je veux bien mourir en mer, mais pas de faim ni de soif.

La psychette : Et alors ?

Demoral : J’ai faim, j’ai soif et j’ai froid.

Ben ma colonne.

Ca y est c’est fait.

Une psychette m’a trouvé une nouvelle maladie de la tête.

Au début elle a tenté de m’impressionner avec des termes techniques :

  • vous êtes potomane.
  • Ben oui je sais , j’aime bien boire des coups avec des potes.
  • Comment ça ?!? Vous re-buvez !?!
  • De l’eau, au moins dix litres par jour.
  • On va vous faire un IRM du cerveau.
  • Que Qoui ??!?
  • Et puis vous allez appeler votre médecin traitant.

Bon ben là, angoisse au ventre au bord de l’infactus,

J’appelle le Docteur Pébron et je la lui passe.

Ils ne savent même pas retrouver mes analyses

mais le verdict tombe sans rires ni appel

  • Vous êtes une grosse merde.
  • Ben oui ça aussi je le sais.
  • Vous avez un diabete insipide.
  • Vous pourriez développer?
  • Même en invalide, vous êtes insignifiant.
  • Putaing, moi qui rêvait d’un sein cancéreux ou d’un handicap qui me permettrait de passer à la télé aux jeux de deux mille vingt quatre. Tant pis, je vais essayer d’écrire comme Guillaume Musso.

Au bord du suicide pour éviter d’avoir à mourir plus tard,

de retour chez moi,

je me connecte à internet.

Petit détail technique, je shunte la caméra de mon I-Phon 16

sur les oreillettes,

que je me colle au plus profond du cerveau.

Capture d’écran,

J’attends vos diagnostics en commentaires.

Korcula.

C’est peut être la première carte

qui arrivera après moi en France.

La Croatie c’est classe

Ce serait mieux sans les croates,

mais bon …

A part ça, pfit je sais plus

tout va trop vite

Un coup ça va

après ça va plus

Et même des fois

je crois qçava

alors ksavapa et vice versa

Mais globalement

je séksava

et je suis bien content

Comment ça c’est pas dans l’ordre ?!?

Retour au début de la saison :

Meuh non ça fatigue pas la saison !!!

A saisir : Néo retraité, blindé de thunes, à ce jour porté disparu en Lithuanie.

Retour au début de l’histoire ;