Beebrons.

Demoral :         Ouii ?!?

Bee :                  Les p’tits bateaux ont-ils un ventre ?

Demoral :         Oui gamine, ils ont des cales.

Bee :                  Ils mangent quoi les p’tits bateaux ?

  • Est-ce que j’sais moi, du Gasoil.
  • Mais c’est sal !
  • C’est leur carburant, ce qui les fait avancer.
  • Mon papa, c’est le vent qui fait avancer son bateau.
  • Il en a de la chance ton papa, c’est qu’il a le temps de vivre. Le bateau mange aussi de la nourriture comme toi et moi, s’est son avitaillement. Ca vient de victuailles, les vivres qui lui permettent de naviguer en autonomie
  • Et regarde, il fait pipi aussi !
  • Oui c’est normal, il boit l’eau de la mer pour maintenir ses organes de propulsion, ses moteurs ou si tu veux ses muscles à une température idéale de fonctionnement.
  • Et il fait caca aussi ?
  • Oui, comme toi et moi.
  • Mais il salit la mer, alors ?!
  • Pas plus que les poissons qui aussi le font.
  • Mais comment fait-il ?
  • Il stocke ses excréments et comme il ne peut pas sortir de l’eau, ce sont les toilettes qui viennent à lui.
  • Des toilettes mobiles ?
  • Oui, des camions de pompage des eaux usées.

    La maman : Comment parlez vous à mon enfant?

    Demoral : C’est à vous ça !?!

    La maman : Vous discutez avec mon enfant ?!?

    Demoral : Ben je m’efforce de répondre aux questions, je ne devrais pas?

    La maman : « Ca » ne parle pas français.

    (Suite)

    Reggio Calabria, 19-09-2002

    Mon cher Florian,

    J’ai surpris la conversation du Boss, de sa femme et de l’aîné de huit ans.

    Ils lui demandaient ce qu’il voulait faire quand il serait grand et le petit semblait embarrassé de répondre.

    Pour finalement avouer :

    « Capitaine »

    La mère s’est exclaffée que c’était un beau métier

    Le père n’a rien dit

    Ton ami

    Damien BABONNEAU

    Porquerolles, 13-06-2002

    Mon cher Florian,

    J’ai six enfants à bord.

    L’ainé des trois du Boss reçoit ses trois amis à bord.

    Ils n’arrêtent pas de courir autour du bateau. Alors je me suis caché et au coin de l’illoire je l’ai choppé par le collebaque pour lui expliquer les règles.

    Ce soir il m’a appelé Frédérique du nom de l’ancien capitaine

    Il s’en est repenti

    déclarant

    « Lui au moins je l’aimait »

    Gronchons

    La psychette : Bonjour mon p’tit marinou, alors toujours fâché?

    Demoral : oui

    – Bon, reprenons. Qu’est ce qui te chiffonne ?

    • Je fais tout pour vous plaire et vous m’en demandez toujours plus.
    • D’une part tu n’as pas à me plaire,  tu es là pour te soigner. D’autre part en quoi deviens je plus exigeante?
    • Ce n’est pas tant exigeante que contradictoire. Vous me reprochez maintenant de faire trop de sport et de boire trop d’eau, il faudrait savoir. A quand des restrictions sur l’air que j’inspire?
    • Ne fais pas l’enfant ! Admet qu’un semi marathon et quinze litre d’eau par jour si je ne te freinais pas c’est un peu exagéré. Tu dois trouver la juste mesure.
    • La fumeuse voie du milieu dont nous bassinent les taoïstes. C’est déjà le moment où je vais m’énerver.  Dans moins de trois répliques vous allez enchaîner sur profiter de l’instant présent.
    • Tu vois tu t’enflammes
    • Ben voyons et maintenant je parle trop, c’est ça?
    • Tu ne parles pas trop, tu parles mal
    • Je vois vous allez me ressortir l’affaire des nichons de la petite Ninon.
    • Parler en clinique à une gamine dépressive comme au comptoir du pmu est intolérable. La deshinibition te fait tenir un langage qui ne te met pas en valeur
    • C’est pas comme si elle n’avait pas été confrontée à ce genre de propos de la part d’autres patients.
    • Tu as dépassé les bornes et quand bien même. Tu te veux gentleman n’utilise pas le lexique d’un supporter de foot.
    • Je lui ai présenté mes excuses.
    • Soit, alors l’affaire est close. Raconte moi ta vérsion de la dernière hospitalisation.
    • Rhoo j’ai pas envie, vous n’avez qu’à relire mon fil d’actualité Facebook de ces cinq dernières semaines.
    • Très bien on se revoit dans vingt huit jours

    Log Bookons.

    • Mon p’tit marinou que se passe-t-il encore.
    • Je sors de l’atelier d’anglais pour françaises.
    • Ha pardon, vas y raconte.
    • Dès que j’en retrouve la force de vous la faire en direct.

    What the fuck am I doing here?

    Demoral : Ho, pardon Madame.

    Ingrid : C’est quoi cette coupe de cheveux.

    Waiting for a second participante to tell the truth.

    Demoral : Ha, hello Ginou.

    Ginou : What is this look?

    Demoral : Long or short version?

    Ginou : « … »

    Demoral : Saturday around 12, everything was perfect in my life. But after the menage I couldn’t find my lighter. So I try to light my cigarette with the cuisinière. I smelt a strange thing on my face, it was my beaR.

    Ingrid : and so?

    Demoral : few to 53.

    Maî : Aîu.

    Demoral : Hi, Maî.

    Ginou : Ho Maî

    Ingrid : Who?

    Demoral : Ben Mai

    Ingrid : Ha you, welcom.

    Mai : where did Napoléon never sleep?

    Ha bah voilà ça va encore partir en couilles.

    Demoral : Hein quoi ?

    Ingrid : what?

    Ginou : where ?

    Mia : https://www.nipponcraft.com/goods_en_jpy_1726.html

    Demoral : Rhaa Pfff …

    • Et là tout de suite, tu te sens comment?
    • J’ai quand même drôlement envie d’une bière.

    Quand un marin dit

    « MAY DaY »

    Ca veut dire :

     » is there anybody around to m’aider « 

    à la base, ça paraissait simple

    pour communiquer avec celles d’en face.

    Si c’est répété trois fois

    it’s too late to be scared.

    Merdons

    La psychette : Mon p’tit marinou tu m’as l’air en pleine forme, ça fait plaisir.

    Demoral : J’vais crever

    La psychette : Que se passe-t-il, tu as encore regardé tes comptes?

    Demoral : Non, je DOIS en écrire un, de conte, de Noel.

    La psychette : Mais c’est formidable ça c’est pour quoi?

    Demoral : C’est pour quand? C’est pour Demain.

    La psychette : et pour qui?

    Demoral : Une association loi 1901, j’ai droit de ne parler ni de religion, ni de politique et encore moins de cul.

    La psychette : et tu le joues où?

    Demral : A la cathédrale, sinon c’est pas rigolo.

    La psychette : Bien, tu te détends, tu te fermes les yeux et tu me racontes ta nuit de Noel idéale.

    Demoral Grmmbl.

    La psychette : Sans t’étouffer, respire. Allez vas y.

    Demoral : Alors c’est un couple d’adultes qui passent une nuit de noël devant une cahute

    La psychette : Je ne veux surtout pas entendre la troisième rime, tu recommences de suite!

    Demoral : Rhoo ça va, Bon, c’est juste une nuit sans soleil et de Noel. Un couple marche péniblement dans les rues d’une vielle ville d’un petit port provençal.

    La psychette : Mieux , continue.

    Demoral : Ils n’ont pas l’air en forme.. Lui est épuisé et nerveux. Elle est ronde comme un ballon. A vrai dire leur situation ne semble pas terrible. Ils ne savent plus où aller. Une lourde porte est restée entrecouverte dans un mur épais. Un trait de lumière traverse l’interstice. Ils entrent. C’est une bibliothèque.

    La psychette : Bien, continue.

    Demoral : Ha bah j’en suis là. Après j’ sais pas. C’a fait une demi heure que j’essaie de vous expliquer que demain, je participe à un jeu dont je ne connais ni les règles ni l’enjeu et que je commence à paniquer sévère.

    La psychette : Tout va bien se passer, tu l’as déjà fait. Allez, on en reparle dans trois semaines.

    Et pour l’illustration je fais quoi?

    Tu crées un atelier photo, nigaud.

    Poltron

    • Houlà mon p’tit marinou, ça n’a pas l’air d’aller.
    • Vous me scannez comme ça, vous, avant même que je ne vous dise bonjour.
    • Tout est marqué dans les traits de ton visage
    • Hé bé non, je vais très bien.
    • Soit, raconte-moi une belle histoire alors.
    • Ma première année en tant que skipper. La brokeuse m’avait envoyé au casse-pipe autour du Golf de Gênes sur une trapanelle
    • Au présent, tu es dedans.

    Je suis en pleine tempête. L’entrée du port de Cecina ne devrait plus être loin mais je ne vois qu’une longue digue s’avançant en perpendiculaire depuis une plage infinie. De petits personnages s’agitent en bout de môle. Plus de doutes, le havre doit être par là. Je m’approche et découvre que la digue est en fait deux et que malgré l’absence de phare, il s’agit bien de l’entrée du port. Le hic est que dans la passe, ça tabasse. Ca déferle même.  Prudemment, je m’engage pour me faire prendre dans un tambour de machine à laver. Alors, perdu pour perdu, je mets les gaz à fond. Et là, si le bateau part toujours au surf, la puissance des milliers de chevaux mécaniques que je tiens dans une main redonne à la barre que je tiens dans l’autre la maîtrise de la trajectoire. Je déboule dans une sorte de lagune à la sortie d’un fleuve. De l’enfer au paradis en quelques brassées.

    La psychette :    Ne trouves-tu pas étrange tous ces dangers auxquels tu as échappé et ces montagnes que tu te fais aujourd’hui pour rien ?

    Demoral :           Ha c’est sûr que quand je frise l’évanouissement  avant un cour d’aquarelle, j’ai conscience de friser aussi le ridicule.

    La psychette :     tu as peur de ce que tu aimes en vrai.

    Demoral :           Oui, et plus ça me fait peur, plus j’ai envie de le   faire.

    La psychette :     Tu es très courageux.

    Demoral :           C’est vous que je trouve effrayante quand vous parlez ainsi.

    La psychette :     Tu sais quoi ?

    Demoral :           Ho ça va, pardon.

    La psychette :     Tu devrais l’écrire tout ça.

    Demoral :           Mais c’est ce que je fais.

    La psychette :     Tréés bien !

    Demoral :           Sur mon blog je raconte toutes nos entrevues.

    La psychette :     Ho mon Dieu !!!

    Demoral :           Qué j’ai dit encore ?!?

    La psychette :     Tu ne peux pas faire ça !

    Demoral :           C’est écrit dans la loi ou c’est un truc de psychette ?

    La psychette :     Tu as besoin d’intimité. Ce qu’il se passe dans ce cabinet doit rester dans ce cabinet. Je suis psychette certifiée d’état tu peux tout me dire mais les autres n’ont pas à connaître ton moi profond

    Demoral :           Parce que vous croyez que je vous l’expose mon  moi ?

    La psychette :     Tu me paies pour ça.

    Demoral :            Je ne suis moi que dans mon lit à l’endormissement ou au réveil c’est selon les désirs de la sirène.

    La psychette :     Sors ton agenda on se revoit dans vingt huit jours.

    Scéance suivante :

    Conjurons.

    La psychette :    Comment va mon p’tit marinou aujourd’hui ?

    Demoral :           Faudrait peut-être arrêter avec cette expression, non ?

    La psychette :     Holà que se passe-til ?

    Demoral :           Je ne m’en sors plus, trop de choses à faire.

    La psychette :     Très biien, il y a six mois encore, tu te plaignais encore de t’ennuyer.

    Demoral :           Oui mais là, j’ai peur de ne pas y arriver.

    La psychette :     La peur, je pense que tu tiens le mot, raconte-moi ta plus grande peur. As-tu déjà eu peur de la mort ?

    Demoral :           En mer Jamais. Vu que je tenais la barre. A terre non plus d’ailleurs puisqu’il m’est arrivé d’aller la draguer                      en suivant vos prescriptions vingt-huit jours à l’avance.

    Psy :                     C’est vraiment pas malin. Mais bon, vas y , parle moi d’un sujet qui t’effraie.

    Dem :                  Ca risque d’être un peu long et je vais probablement arriver à une conclusion inverse de mon intention de                      départ.

    Psy :                     La séance vient à peine de débuter, tu as tout ton temps. « … » . Toi, tu voudrais déjà t’échapper chez                         Dany, c’est ça ?

    Dem :                  Oui

    Psy :                     Tu vas devoir parler un peu avant, lance toi.

    Dem :        J’ai peur de laisser libre cours à mes pulsions par n’importe quel moyen que ce soit. Notamment par la voix.

    Psy :           Pourtant tu t’en sors très bien. Regardes à l’association, elles sont toutes folles de toi.

    Dem :         L’énergie que je déploie pour ne pas paraître être ce que j’écris n’a d’égal que l’envie que j’ai d’être lu.

    Psy :           Explique mieux.

    Dem :         Si vous m’interrompez tout le temps, on va pas y arriver,  « … »   non plus.

    Psy :           Pardon, continue

    Dem :         J’angoisse de rater ma vie. Je suis terrifié à l’idée que ce ne soit déjà fait. Les enterrements où personne n’attend le               cercueil me glacent le sang.

    Psy :           Il s’agit peut être du dernier de la bande.

    Dem :         Ca lui fait une belle jambe !

    Psy :           Il a veillé sur les autres. Jusqu’à être le dernier. Comme le capitaine sans crainte quittant son navire après avoir                      sauvé tous ses passagers.

    Demoral : Capitaine mes couilles oui !!! Il avait la trouille de tout le capitaine. Du naufrage , de l’incendie et de la panne sèche             de Pessac-Leognan, premier cru classé.

    La psychette       Pour le prochain rendez-vous, vous préférez pleine lune ou nouvelle lune ?

    Demoral :           Noire.  

    Concluons.

    Fin

    Ma plus grande erreur de navigation aura surement été de confier la barre lors d’une traversée de nuit,

    La Napoule Bonifacio à 10kts,

    à La Psychette

    Je lui avais promis vingt ans plus tôt de l’y emmener en bateau pour lui faire passer les falaises.

    Et vingt ans après l’occasion s’est présentée.

    Des clients russes, passionnés de plongée, nous attendraient vers 10h, il fallait que tout soit prêt, il fallait qu’un taxi attende La psychette  pour qu’elle ne rate pas son avion de retour.

    La mer est d’huile, la pleine lune nous montre le chemin, l’équipage dort, il ne reste que nous deux aux commandes sous les étoiles. Dauphins, plancton phosphorescent.

    Aucun capitaine censé n’aurait quitté la veille en ces circonstances. Non, aucun capitaine sain d’esprit n’aurait laissé la barre d’un bateau de 33m, 200grt, 3600kw, à une musicienne.

    Mais j’étais tellement sûr de mon coup en lui disant

    « je vais pisser, tu m’appelles si tu vois quelque chose, mais ne t’inquiète pas si tu vois rien c’est qu’il n’y a rien à voir. « 

    Au beau milieu de l’acte j’entends

    « captain captain ya une lumière devant. »

    Au mépris de ma prostate, je remonte ma braguette et les escaliers m’attendant d’une seconde à l’autre le crash d’avec le voilier

    que j’aurais omis de surveiller.

    Radar vierge, tout est clair.

    La lumière rougeâtre dessine un fin trait oranger distinctement séparé de l’autoroute rousse que nous reflétait la lune.

    La psychette vient de m’offrir un clair de Mars.

    Si tu veux la bonne taille de police,

    Tu trouves ou te suces

    Mais par contre tu ne parles pas la bouche pleine

    Accostons.

    La psychette : Mon p’tit marino, comment vas tu ?

    Demoral : Si au moins vous me vouvoyiez, ça nous ferait une rime.

    La psychette : Je ne comprends rien

    Demoral : je recommence :

    La psychette :         Mon p’tit marinou, comment vas-tu ?

    Demoral :                 Si au moins vous me vouvoyiez, ça nous ferait une rime.

    La psychette :         Bien. La séance dernière fût un peu dure, racontez moi un   souvenir plus léger.

    Demoral :                 Comme la fois où je me suis tapé la fille du Boss ?

    La psychette :         Toujours les extrêmes, non juste un moment heureux.

    Demoral :                 Vous avez raison. De toute façon ce n’était pas sa fille. Mais elle en avait l’âge. Et n’avait semble-t-il rien contre l’inceste.

    La psychette :          Demoral !!!

    Demoral :                 L’amarrage à Ponza. Vous vous souvenez ? La délégation de diplomates franco-suédoises ?

    Nous nous étions fait défoncer le bastingage la nuit précédente au quai des millionnaires. Pour réparer, nous logeons désormais aux chantiers. De l’autre côté du port. C’est tellement moins glamour mais tellement plus charmant. Pour la manœuvre, pas d’assistance. Pendant que le capitaine manœuvre, je saute sur le quai, je noue de chaise, je remonte à bord en prenant appui sur le hublot de la cuisine et en m’aidant de ce qu’il reste de tubulure inox. Je recommence à l’arrière en grimpant, cette fois, sur les échappements. Les moteurs se taisent, tout s’arrête. Une assemblée d’académiciennes m’observe l’air béat. Bordel, faut faire les vitres.

    La psychette :         Je croyais que c’était vous le capitaine ?

    Demoral :                 J’ai seize ans là, vous ne comprendrez jamais donc rien ?  

    Le lendemain, le capitaine m’a offert une montre.