Pipons.

J’en étais à 3-27 de Angleterre France, à la mi temps donc il leur en restait autant à prendre , lorsque mon cervelet me rappela que nous étions Dimanche soir et que mon stock de tabac n’allait pas tenir une nuit d’insomnie supplémentaire.

Sans attendre, je me dirigeai donc vers mon buraliste de secours. Une sorte de bouge près du vieux port que je ne fréquente plus depuis le remplacement par un glacier où des pétasses emperlouzées promènent leurs mecs déconstruits au bout de laisses à chihuahua sorbetomanes, d’un bar à putes qui faisait la renommée du conté. Quand contenté me monta l’envie de pisser.

Sous les remparts sont dissimulés deux toilettes publiques. L’une des deux est bloquée par un véhicule de la capitainerie, l’autre me tend l’évacuation salvatrice du dernier caprice de mon pénible pénis. Une dame me dépasse, jette un œil, se ravise, me jette un regard, se réavise et entre en ce logis où je pisserai probablement mon dernier calice.

  • la dame : Ho pardon je n’avais pas vu qu’il n’y en avait plus qu’un.
  • Demoral : Ben je vous en prie ma p’tite dame, on sait ce que c’est
  • La dame : Vous voudriez bien me tenir la porte, y’a plus de verrou.
  • Demoral : Ben je vous en prie ma p’tite dame, faudrait pas qu’on vous viole.

Longues sont les minutes passées sous le soleil couchant au pieds de murs en pierre pendant qu’une sommité aussi millénaire qu’eux se soulage. La capitainerie ferme le premier vestiaire, le duel s’engage pour le contrôle du second. Ils savent que j’ai envie de faire pipi mais ignorent qu’il faudra me passer sur le corps avant que le jus de mes glandes surrénales ne soit englouti.

  • La dame : Merci monsieur, si vous voulez je vous la tiens aussi.
  • Demoral : Ben ma p’tite dame, merci, mais moi c’est pas bien grave
  • La capitainerie : …
  • La dame : Ha non mais si j’insiste.
  • Demoral : Ma p’tite dame, êtes vous bien sûre que c’est la porte que vous voulez me tenir?

J’ai dû appeler LGBT-214 pour me désincarcérer.

Etendue des fans aux seins nus sous mon balcon à l’instant t.

Envisageons.

La psychette : Demoral, ça va pas.

Demoral : je sais.

La psychette : qu’est ce qui ne va pas ?

Demoral : A priori, vous êtes payée pour me le dire.

A ce stade du récit je peux considérer qu’à défaut du reste de mon oeuvre vous avez compri qu’un coup c’est la psychette qui parle et un coup c’est Demoral. J’ai pas besoin d’écrire à chaque fois alors je vais tenter un truc de dactylo que rien que de le faire j’ai envie de moi.

-Tu te diriges droit dans le mur et tu accélères.

  • C’est mon côté en phase avec la société.
  • Tu es encore en colère?
  • Oui
  • Contre qui?
  • Contre quoi.
  • Pourquoi?
  • Le monde à commencer par moi même.
  • Qu’est ce qu’il t’a fait le monde?
  • Ben rien. On est huit milliards en ce moment, ce qui veut dire , et c’est pas vos compétences mathématiques qui vont me contredire, qu’en un siècle quatre vingt milliards d’âmes s’attardent ici bas. Quand on a de la chance sur ce peuple émerge un génie.
  • Comme Einstein ou Brassens?
  • Non comme moi et ce qui me rend fou est que ce siècle passe à côté de sa conscience éclairée en l’incarcérant.
  • J’ai consulté la bureau , effectivement elles envisagent de t’interner.
  • Je sais, elles m’ont déjà fait visiter l’établissement.
  • Ca va te plaire?
  • La vue est belle mais c’est surtout la règle 2.a du règlement qui m’intéresse : « pas de sexe avec l’équipe encadrante ».
  • Je te vois venir, tu as pris ça comme un défi à relever.
  • Au début de ma carrière , on m’a dit « surtout pas de cul avec ton équipage » . Ensuite on m’a dit « bon d’accord à la rigueur mais par contre surtout pas ho grand jamais avec une invitée ». A priori, y’a pas eu dépôt de plainte.
  • L’esprit du siècle me semble bien charnel.
  • C’est le secret de la dualité : le corps se conquiert par le mental.
  • Tu feras quoi quand tu te seras fait virer même des enfers?
  • L’amour en mon monde.
  • Le 27, t’es libre?

Sainte Vergeons !!!

Je ne savais pas ce que cela voulait dire alors je faisais semblant de n’être qu’idiot devant ceux qui riaient de m’entendre fièrement raconter mes aventures de gardien de but de « Saintes Verges ».

Pourtant un midi alors que je pensais tout perdu ils sont venus me chercher dans les vestiaires pour une séance de penalties. Pour savoir qui de nous ou de l’équipe qui nous en avait passé sept le matin serait au second tour.

Je chausse mes gants et entre en état second. Le monde est un ballon, il doit être en mon giron. Une fois à gauche, deux fois à droite. Presque. Troisième fois à droite, détente du corps vol lent vers la trajectoire. Il est dehors.

Je ne sais pas par quelle subtilité parlementaire de buvette nous nous retrouvons en premier match d’après midi contre cette même équipe. Je m’ennuie dans mes cages. Ce qui ressemblait ce matin à un troupeau de poussins derrière un sac de grain est une équipe structurée en attaque, milieu de terrain et surtout défense ne me laissant pour me divertir que de rares ballons que je relance en vociférant des provocations aux adversaires comme quoi ce serait moins dur de m’en planter un dans ces conditions.

J’avais fini ma journée.

On a fini pire des meilleurs

Héritageons.

 » ferme ta gueule » qu’il m’a dit.

Bon il paraît que je déconne alors j’obtempère. je fais mon autiste.

« Comment on dit baiser en italien » Qu’il demande à un estranger.

« Dans aucune langue on dit baiser. » que je ne m’empêche pas de rétorquer.

Jusque là, petit visu de l’arbitre , mais ça passe.

 » C’est une question d’ éducation.  » tentai-je donc.

Les pompiers sont tenus de m’indiquer si ils préfèrent thé ou café.

La Gendarmerie serait sympa de se relayer

entre la municipale et les balayeurs.

Sinon, j’ai une vie normale.

Crayons.

La psychette : Mon p’tit marinou, que fais tu ici?

Demoral : J’ai la photo.

La psychette : C’est bien mais encore?

Demoral : J’ai aussi la musique.

La psychette : Je ne comprends pas, explique mieux.

Demoral : D’accord mais avant tout on pourrait pas arrêter le coup de la psychette et Demoral à chaque fois?

La psychette : …

Demoral : Ca prend un temps un temps fou à écrire et avec mon clavier dont les touches tombent en panne les unes après les autres, ça me pose des problèmes insolubles de mise en page.

La psychette : Mais bien sûr mon petit marinou. Tu sais, à part peut être Akissimo, ton lectorât est plutôt féminin et très intelligent. Elles comprennent bien qu’une ligne sur deux c’est moi qui parle.

  • Merci.
  • Bien et maintenant que tu es soulagé, exprime ce qui t’amène.
  • Ha baH j’sais plus du coup.
  • La photo, la musique.
  • Ha oui, merci , ça veut dire que je peux écrire un billet.
  • Formidable, c’est une activité très saine pour ton esprit torturé.
  • Ben oui mais je ne sais pas quoi raconter.
  • Décris juste tes pensées.
  • Et que croyez vous que je fasse depuis quarante quatre ans ?!?
  • Pas celle-ci, les autres, celles qui ne restent pas dans ta tête.
  • Isinuriez vous kilnyaka fixer le présent?
  • Si c’est ta conception de la création, pourquoi pas .
  • C’est quand le vrai rendez-vous?
  • Dans quinze jours, mon p’tit marinou.
  • Je vais y réfléchir.
  • Senza Sperenza.

  • Dis moi, mon p’tit marinou, elle est où la musique?
  • Ben sur mon Facebook.
  • Et comment je la trouve?
  • Ha bah, c’est sûr si vous m’suivez pas on va pas s’en sortir !

Donnons :

  • Mon p’tit marinou, ça fait longtemps que je te t’ai vu.
  • Quoi, c’est une convocation?
  • Tes derniers écrits m’inquiètent.
  • Ha, vous me lisez?

-Un impatient m’a posé un lapin. J’ai du penser à toi dans un moment creux.

– Ha bon, je pensais que vous aviez mieux à faire.

– D’habitude oui, mais là j’avais envie d’inutile

– Et alors?

– J’ai moi même pris rendez vous avec un spécialiste.

– C’est en effet l’effet que je fais : Donner envie de lire. Prêter à faire l’amour, avec les textes des autres et autres rimes en ex.

– Demoral, je te perds.

– Vous ne m’avez jamais trouvé.

– Très malin. Narre moi, comme tu sais si bien le faire une histoire de marin propre à te solutionner une névrose latente.

– Non.

– Et per que No ?!?

– Vous n’avez pas les moyens des mes histoires.

– Explique mieux, je ne comprends pas.

– Non.

– Alors pourquoi t’es venu?

– Pour tout autre chose.

– Explique, gigolo de Toi !!!

– On tient une piste.

– Tu te prostitues?

– Je préfèrerais.

– Trop obscure.

Demoral : Jai pris en pleine tête, entre les deux yeux, une idée qui m’a laissé entre les oreilles une place dont l’expression refuse de trouver la trace.

La psychette : Ha oui, je vois, tu vas revenir sur ta fumeuse théorie de la Dimension n.

Demoral : Oui.

La psychette : Vas y.

Demoral : Vous m’avez demandé de raconter des histoires passées et j’ai accepté.

La psychette : Mais oui et bravo, regarde, tu n’as presque plus besoin de consulter.

Demoral : Ben oui mais non. Vous, vous allez mieux mais moi j’empire.

La psychette : Comme Napoléon !

Demoral : Et en plus je vous contamine.

La psychette : Tu es vraiment très mignon. Tu gagnes toujours et tu me pousses à te demander de me laisser imaginer, sans aucun espoir de trouver un remède à ton mal, ton histoire au présent.

Demoral : Merci, j’avais peur que vous me demandiez de faire de la prospective.

La psychette : Accouche !.

Demoral : Par un enchaînement de situations improbables, je me retrouve impliqué dans un organisme au sein duquel, et c’est pour ça que je les ai choisies, je n’ai rien à faire sinon vaincre mes démons.

La psychette : C’est merveilleux.

Demoral. Ces démons sont la clef de leur réussite.

La psychette : Je te revois au prochain équinoxe.

Live fast, Sail slow.

Charlatons.

  • Mon p’tit marinou, ça va mieux ?
  • (mes couilles la mise en page)
  • Mieux que quoi ?
  • Ben que la dernière fois.
  • Quelle dernière fois.
  • Bien, respire, raconte-moi une belle histoire.
  • Mon premier AVC reste un de mes meilleurs souvenirs de mer. C’était la première sortie avec mon dernier Boss sur un bateau qui, pour en avoir suivi de loin la conception, je le savais et c’est pas du pessimisme, ne pouvait pas décemment naviguer. Disons pour faire simple que la marque pour laquelle je travaillais depuis des années s’était mis en tête de construire une Mercédès avec des pièces de Twingoo. Même la brokeuse que j’avais patiemment observée tordre son pigeon, m’implorait du regard.
  • Mon Dieu et que s’est-il passé ?
  • Parti de La Napoule, arrivé à destination, je remarque d’abord que la fumée de ma cigarette ne sort pas droite de ma bouche. Ensuite, alors que l’urgence d’une pompe qui sent le chaud n’est pas plus grave que le moteur de l’annexe qui ne démarre pas,  je dois prendre le temps d’expliquer à la porte de la salle des machines qu’il serait bon qu’elle s’ouvre sous l’impulsion de ma main droite sans le secours de celle de la gauche. Enfin, je me suis quand même inquiété quand d’un grand sourire j’ai tenté de rassurer mes passagers et qu’un seul de mes zygomatiques a répondu.
  • Vous avez appelé les pompiers ?
  • Y’a pas de psychette disponible en rade de Porquerolles. Non, Il m’a fait goûter un Pessac Léognan premier cru classé, vous me pardonnerez j’ai oublié l’année. Ca m’a déclenché des petites lumières à la surface du cerveau c’est bien simple, je n’ai jamais rien revécu de tel.
  •   Je te sens un peu fatigué là
  • Vous ne voulez vraiment pas qu’on continue l’entretien au bistrot du coin ? Ils on de la bonne tisane, j’ai demandé au patron qu’il en fasse venir de chine rien que pour vous.
  • Je ne te compte qu’une demi séance.
  • Cette monétisation du droit à la parole m’interpelle au plus haut point. C’est pas moral d’en arriver à ce point.
  • Arrête de te poser toutes ces questions ou je ne te fais pas payer du tout et tu m’auras, pour le coup, réellement fait perdre mon temps.
  • Vous savez que, considérant son écriture comme ayant plus de valeur que les chiffres dessinés dessus, les vraies admiratrices de Picasso n’encaissaient pas ses chèques ?
  • Surveille quand même tes comptes, Demoral.

Les commentaires sur la platitude de mon ventre sont acceptés,

Sur la rotondité de ma poitrine un peu moins

Sur celle de la terre, faut voir les arguments.

Applausons

La psychette :     Ha mon p’tit marinou, il a l’air en pleine forme !

Demoral :           Il cherche la forme la moins douloureuse possible de quitter ce monde.

La psychette :     Mon Dieu, que t’arrive-t-il ?

Demoral :           Rien.

La psychette :     Comment ça rien ?

Demoral :           Le Néant, ma vie est insipide.

La psychette :     Le Néant c’est quand on est mort et tu m’as l’air bien vivant. Raconte moi une belle histoire.

Demoral : C’était un charter d’hiver. Je m’étais pris la tête avec la capitainerie à propos de l’emplacement que j’avais créé l’année précédente et qu’ils ne comptaient pas me renouveler.  Du coup, le jour de la mise en place, ils m’ont fait patienter deux heures à l’extérieur du port. Temps qu’a mis à profit mon ami gitan que j’avais convié pour l’occasion à l’apéro, pour observer la transformation d’un type rigolo en marin légèrement agacé. Lorsque sur le douze on annonce enfin le nom de mon embarcation, je découvre que la place qu’ils m’ont allouée n’est pas qu’inaccessible, elle est hautement improbable. C’est dans ces moments que je switch Zen.

La psychette … « clignement des ses deux yeux de biche »

Demoral : Dans ces moments là, je ne demande pas, j’ordonne encore moins. J’indique du regard du doigt, éventuellement du dos si faut pousser la chose flottante d’à côté qui gêne mes hélices, qu’il serait souhaitable d’aller dans mon sens avant d’oser me poser la question du choix mystique de l’orientation de mon bateau.

La psychette : « regard pétrifiant mais attendrissant »

Demoral : Par contre quand je crois que c’est fini , que tout est cuit mais  que l’équipage du vieux cul rond du quai d’en face m’applaudit, il ne me vient qu’ une simple révérence et l’espoir que la vie n’est pas si inutile.

La psychette : Tu veux que nous reprenions les scéances à domicile ?

Demoral : Ho oui, si vous voulez je vous parlerai de mon séjour au monastère !!!

La psychette : Tu es allé chez les moines ?

Demoral : Oui. En quelque sorte. Disons puisque je ne peux rien vous cacher qu’il s’agissait plus d’un couvent mixte aux règles modernes.

La psychette : Sors ton agenda, tu m’exaspères.

Aujourd’hui, je suis heureux.