First page.

Cela fait un mois que j’ai appris à piloter, on me demande maintenant de faire le travail d’un capitaine.

 Mardi :  mistral je ne peux rentrer le bateau,

 Mercredi : le Boss arrive,

Jeudi :  Vent modéré S.W je plie un taquet,

Vendredi :  Départ aux îles. Le vent se lève. Mistral. Je prends une autre place au port.  C’est le Broker qui rentre le bateau

Samedi :  la journée de toutes les angoisses, je ne me sens plus capable de rien. J’en fait part au Broker qui me dit de foncer, le vent se lève pas très fort 20-25 nœuds. Je décide de ne pas sortir. Le moral est à 0 si le Broker n’avait pas été fermé cet après-midi j’aurais demandé un remplacement.

Samedi soir : le vent est tombé on sort sans problème ,

Dimanche :  Porquerolles sans problème

Lundi :  retour à La Napoule même vent que samedi je rentre le bateau sans problème

Le moral est au beau fixe,   pas la météo qui annonce encore un coup de vent.

(suite)

Waiting for the reponse.

San Remo

(10-07-1990)

Départ 4h Mer belle Peu de vent.

Compas : Cap calculé + 10°

Mer devenant agitée à partir de Monaco

Vent 30-35 nœuds

Manœuvre pas trop dure car vent de face et beaucoup de place pour manœuvrer.

Att. : Moteur bâbord coupé dans la cale. Fumée blanche repérée après avoir coupé. Vite dissipée.

Le Boss est très lent quand il prend une décision. Il le fait un quart d’heure après avoir réfléchi et pensé à autre chose.

Petit resto sympa.

La nuit a été agitée. Un fort vent de N.E. s’est levé. Nous sommes à côté d’un 25mètres amarré de travers. Il n’a pas de bonnes défenses et son échelle de bain plie nos pare-battages.

4h du matin, je suis avec le Boss qui m’énerve et j’essaie et je trouve une solution assez bonne.

Apostille :

J’ai téléphoné ce matin, toujours pas de lettre. Ca m’inquiète.

Things to do.

La première page de mon premier Livre de bord :

Cela fait un mois que j’ai appris à piloter, on me demande maintenant de faire le travail d’un  capitaine.

 Mardi mistral je ne peux rentrer le bateau,

 Mercredi le Boss arrive,

Jeudi Vent modéré S.W je plie un taquet,

Vendredi Depart aux îles le vent se lève Mistral je prend une autre place au port c’est le Broker qui rentre le bateau

Samedi la journée de toutes les angoisses, je ne me sens plus capable de rien. J’en fait part au Broker qui me dit de foncer, le vent se lève pas très fort 20-25 je décide de ne pas sortir, le moral est à 0 si le Broker n’avais pas été fermé après midi j’aurais demandé un remplacement.

Samedi soir le vent est tombé on sort sans Pb ,

Dimanche Porquerolle sans Pb

Lundi retour à La Napoule même vent que samedi je rentre le bateau sans Pb

Le moral est au beau fixe  pas la météo qui annonce encore un coup de vent.

Conseil à un nourrisson.

Viens là, faut que je te cause.

On va pas se mentir, tu vas en chier.

Ici, c’est neuf baffes dans la gueule pour un espoir de caresse.

Ecoute autour de toi,

Tu entends?

Ce sont des femmes.

Ne cherche pas à les satisfaire,

Elles t’en demanderaient toujours plus.

Par contre, même si c’est pas vrai, fais les rêver.

A coups d’Art, de Science et même de récits de marin si tu aimes les coquines, arrache les à leur condition et toi aux leurs.

Pense aussi aux potes,

Un match de rugby, une bière,

Ca repose.

C’est pas à moi le truc, j’en fais quoi?

Ha oui, je sais !!!

Je vais lui mettre une berceuse.

Exercice 2022 #3

Intitulé :

Ecrire un texte à partir de cette photo

Le petit Patrick danse la jig sur de la musique traditionnelle dans sa chambre. Dehors ça crépite. Hier samedi, au rugby, c’était la fête. La baston était sévère mais on se foutait bien des confessions. Aujourd’hui ses parents lui ont interdit de sortir rencontrer se petits camarades. La musique l’entraine loin des cris de la rue. Le claquement des ses talons, le rebond de ses pointes l’évadent du sentiment qu’il se passe quelque chose.

Le calme est revenu. Quelques sirènes déchirent parfois le silence. L’enfant descend au salon. Ses parents si sombres ce matin ne sont pas là. Un poste TSF crache des informations que son jeune cerveau ne peut intégrer. Il se prépare une tartine de pain avec de la marmelade d’orange. L’amertume de son goûter renforce son inquiétude, il veut comprendre. Bravant l’interdit il sort dans la rue. Sur le trottoir ses chaussures l’arrêtent net.

Du sang irlandais coule au ruisseau.

Exercice 2022 #2

Intitulé :

Ecrire un texte avec les mots vacances, soupape, discours, horloge, soupir, zone, accumuler, procession, candeur, rente.

Ainsi que cinq mots en aire.

Résultat :

La baronne n’a plus de partenaire car elle a jeté le dernier à la mer. Depuis sept ans que je suis son corsaire, elle collectionne les amants comme des trophées à accumuler. Leur procession à bord me fait songer que si elle le pouvait elle serait sous-pape. (pas sûr que ça passe ça)

Alors que ses vacances en Méditerranée prennent fin, elle me convoque dans sa cabine.

  • Pensez vous mériter votre salaire?
  • Je travaille douze heures par jour six mois de l’année, j’en dors autant les six autres. C’est comme ça que j’hémis-faire. (ha bah là pour la publication c’est foutu)

L’horloge tourne, son discours sort de l’ordinaire. Dans toute sa candeur elle dit pouvoir m’assurer une rente si je lui exhale un soupir. Il faut vite quitter la zone. Je lui fais la proposition démissionnaire.

Visiblement elle ne comprend pas la même écriture.

(en même temps, je vous avais prévenues. )

Hyppomaniaquons

L’hypomanie chez les honnêtes bipolaires est l’état qui précède la phase haute. Il se caractérise par une hyper activité, un flot de parole incessant même pour les taciturnes et activité sexuelle débordante.  Je suis en plein dedans. J’aurais dû en parler à ma psy, j’ai préféré me confier au patron de mon PMU. Galinette qui a tout écouté m’a dit :

 «  T’inquiètes pas garçon, nous aussi on a des chevaux qui font trop le ménage dans leur écurie ».

Dans cette période je suis un vrai scanner à conneries. Avec l’expérience j’ai appris à me maîtriser. Au lieu de faire les bêtises, je les écris en mode je bave et je prétends qu’il pleut. Cérébralement c’est beaucoup plus gratifiant et ça m’attire toutes proportions gardées moins d’ennuis.

Si au début de ma carrière de psychopathe je me prenais facilement pour Jésus, je me contente aujourd’hui de croire que je suis un génie de la littérature. Mais si d’aventure cela m’arrive à la suite de mes chiures de mouches d’écritures, j’écoute un vieux Brassens, un bon Desproges ou lis un chapitre de Bukowski et je suis tout de suite calmé.

Et puis il y a les amies. Ca recadre bien les amies :

« mouais c’est mignon ce que tu écris par contre je comprends rien car tu mets pas les ponctuations. En plus j’aime pas toujours ton langage. »

A l’inverse la phase basse que l’on appelle communément dépression parce qu’il n’y a pas d’autre mot est vachement moins rigolote à vivre ou plutôt devrais je dire à mourir tant en ces périodes je suis un vrai scanner à suppression de moi-même. Quand j’écris c’est tout pourri, je ne trouve plus les rimes et de toutes façons ça servirait à quoi puisque personne ne m’aime. Mais là aussi j’ai l’antidote. J’écoute un pauvre Obispo, un vilain Laurent Gerra ou lis à peine quelques lignes de Musso pour me retrouver rassuré.

Et puis il y a les amies. Ca remonte bien les amies :

«  T’en fais pas c’est toujours aussi mignon ce que tu écris. Malgré ta tronche en points de suspension tu m’as trouvé les virgules et j’adore comment tu manies la langue. »

Mais alors, entre deux phases tout va bien me diriez vous . Ne dîtes pas ça malheureuses, ils pourraient me remettre au boulot. Que nenni, quand je suis « normal », c’est les angoisses qui débarquent. C’est bien simple, à part de la mort j’ai peur de tout. Là aussi j’ai la solution mais je peux pas trop en parler parce que c’est pas encore tout à fait légal et ma môman me lit.

Et puis il y a les amies. Dans ces moments ça sert vraiment à rien les amies.

Le silence éternel de ces pétasses infinies m’effraie.

Les illustrations à venir de mon blog pour les siècles des siècles, amen.

Prosopopons.

Définition :

Une prosopopée est une figure de style qui consiste à animer des objets ou des personnes absentes.

C’est tout ce que j’ai retenu de la demi page d’explications lue dans mon dictionnaire en six volumes hérité de mon père. Pour me faire une seconde opinion, j’ai googlé le mot et en effet Bill et ses sbires me l’ont aussi faite en une phrase. Je me demande si nous ne sommes pas en train de devenir plus crétins que nos aïeux.

Lemme :

Le verbe prosopoper n’existe pas. Je m’en fou. Je l’invente dans le but avoué d’entrer pour mes vieux jours à l’académie française. Il paraît qu’on y est mieux traité qu’en Ehpad.

Aparté :

Je ne comprends pas. Quand je crée un mot et que je le tape dans un moteur de recherche, je ne tombe jamais sur ma page. L’algorithme, que d’aucunes prennent pour leur propre intelligence, me sort toujours une orthographe approximative. Pour ce billet  je m’attends à tomber sur un tutoriel youtube du genre « apprenez  la prose aux poupons » alors que pour celui d’hier j’ai écouté un « cantique con »

Théorème :

Je prosopope.

Démonstration :

Tout ce qui est matériel je le laisse un peu de côté. Encore qu’avec mon bateau ça discutait ferme mais ça ne compte pas car pour un marin le navire est plutôt une extension de soi. Avec Dieu qui n’est ni chose ni personne ou avec moi-même qui est tout le contraire, par contre ça y va de la jactance.

Pour les êtres humains, les femmes ou les autres animaux ma prosoposition consiste à préparer par avance mon discours pour d’une part ne pas avoir rien à dire et d’autre part ne pas me laisser déconcerter par leurs étranges propos que je cherche en vain à anticiper avant de voir leur ganache.

Quand je suis vraiment en forme j’anime des colloques et des séminaires face à des groupies à forte poitrine réclamant les secrets de ma création. Un peu plus loin dans le prosopopage, ce sont des journalistes du monde entier qui s’acharnent à comprendre comment j’obtins le Nobel de littérature conjointement à la médaille fields pour l’exposé sur facebook de ma théorie de la dimension N.

Il est alors urgent d’appeler ma psy.

Toute erreur de composition, de perspective ou de choix des couleurs est bien entendu délibérée.

Quantiquons.

S’il se trouve bien un truc qui me les brise, c’est quand la science est mise au service de causes fumeuses dont au sujet desquelles je fus enfermé pour moins que ça. Aussi quand j’entends parler de physique quantique appliquée à la psychologie, je et ma praticienne pouffons.

Une théorie rencontrée sur la blogosphère voudrait que dans des univers parallèles nous vivions les vies que nos choix nous ont évité de subir. C’est pas tout à fait ça mais ma mauvaise foi n’a d’égale que ma jalousie envers la maîtrise littéraire de l’autrice de l’article.

 Oubliant mon aversion pour la polémique, je me suis empressé de laisser un commentaire pour la prévenir du danger de charlatanisme que représente ce genre de discours. La réponse fût aimable mais cinglante : « c’est un exercice d’écriture ».  

Bravo captain tu as encore prouvé que tu avais la rhétorique d’un Zemmour quand il parle d’écologie alors tu vas prendre ton petit clavier,  ta page word blanche et tu vas te coller à la rédaction d’un billet sur le thème. Ensuite tu rentreras chez ta môman elle t’as préparé le goûter.

Il s’agit donc de savoir si, quelque part dans un multivers, un moi, voir des mois (non captain on n’ajoute pas voir des semaines, c’est pas drôle) existeraient sans se soucier de la réussite de mes suicides sociaux et de l’échec de mes suicides physiques.

  1. L’ingénieur avorté.

Du côté de Saturne , un grand consultant achève un plan de restructuration. Il est heureux. Il possède une belle voiture, des actions chez Total, quatre enfants, une chienne et une femme.

2. Le marin décadant.

Sur la ceinture d’Orion, je me suis retrouvé navigant sur le bateau des autres et dans le lit des belles (des autres également). Mais le métier a changé, je ne suis plus que le valet d’un richissime homme d’affaires qui passe son temps en télétravail à bord.

3. Le maître de port incompétent.

Alors celui là, il a été satellisé hors de portée des radio-téléscopes les plus puissants. Une preuve probable que le néant existe aussi.

4. L’âme en devenir.

C’est là où je voulais en venir : et  si j’avais réussi ?.  Que je ne sois plus qu’un esprit désespérément accroché à son corps comme une moule à son rocher mais un peu partout et nulle part à la fois. Un peu jamais un peu tout le temps.

En attendant, je suis bien d’ici et par tous les chemins j’y reviens.

Mon dieu qu’elle est nulle cette dernière phrase. On dirait du Sardou, je vais la refaire.

En attendant, J’ai tout mon ménage et ma mise en page à faire,

Rémission

Demain je suis allé voir ma psychiatre.

 Elle m’a dit c’est le dernier rendez vous.

« J’ai comparé vos courbes entre la première fois où vous êtes venu et aujourd’hui c’est stupéfiant de réussite. Comparons deux de vous journées type.

Le matin, vous vous leviez tôt et un café pétard accompagnait une revue complète de l’actualité du jour. Aujourd’hui vous vous délectez d’une tisane tiède devant télé matin en attendant « amour, gloire et beauté ».

Là où vous prétendiez rêver, chercher l’inspiration voir vous instruire, dorénavant vous faîtes votre ménage, quel progrès. Il vous arrive même d’épousseter votre encyclopédia universalis qui fait très bien déco dans votre salon, alors qu’avant il arrivait d’en trouver des volumes ouverts aux chapitres liberté, anarchie ou autres thèmes sans intérêt.

A midi plus de pmu. Vous avez enfin saisi l’absurdité de communiquer rire et partager avec ses insemblables. Une petite salade sous plastique arrosée d’un filet d’huile transgénique vous amène , et c’est là où nous notons une cohérence dans votre parcours, vers la sieste.

Le reste de l’après midi, vous avez longtemps persisté dans l’envie de créer et transmettre quelque chose. L’acceptation du fait que vous ne creeiez surtout que des ennuis à votre entourage et une indifférence généralisée auprès du reste de la population vous permet aujourd’hui sans bruit de contempler le temps qui passe dans votre fauteuil. La réflexion qui en résulte n’est qu’une petite séquelle qui va s’estomper. Commencez par vingt minutes de « question pour un champion » chaque soir et ça va passer.

Le soir aussi, c’est très encourageant. Vous n’avez plus d’amies tentatrices à visiter, ni à inviter d’ailleurs puisque vous n’en avez pas les moyens. La soupe tiède mais bio selon la pub dans son emballage plastique mais recyclable selon la pub vous apporte tout ce dont vous avez besoin pour traverser votre nuit sans fantasmes grâce à mes médicaments.

Je vous rends vôtre dossier médical et vous laisse seul juge de la qualité de mon travail. Le dernier patient pour qui j’ai obtenu de si bons résultats était Michael Schummarer.