Titre pitre

L’oisiveté est l’impropre de l’homme.

Ca aurait pété comme titre mais ça me gonfle qu’une intelligence artificielle me demande avec insistance un titre pour un billet que je n’ai pas encore écrit. Non pas que j’écrive en intuitif, la fameuse écriture automatique. Mes textes, parfois moins mes illustrations, sont le fruit d’une sévère bataille entre ce que je peux m’exprimer, ce que des êtres pas toutes du même potentiel intellectuel que moi vont comprendre et ce qu’en diront les journalistes à ma mort : si nous l’avions connu avant; mais mon dieu ! Il bande encore !!!

Si bien qu’après un marathon entre ma chambre, mon couloir et mon laboratoire avec vue sur abri bus, lorsque je me mets au clavier, je peux battre la lettre, une clope d’une main un café de l’autre avec le seul organe restant, résistant et appartenant à moi pour vous narrer les élucubration d’un cerveau qui choisis quotidiennement dans quel sens le mènera le vent.

Vous pouvez respirer.

Dark Captain à la sortie d’une expo Hokusäi à Dublin en 1949.

Calvi 1990

« J’ai peur,

            J’ai l’impression d’avoir tout oublié.

            Je ne sais pas quoi faire car les décisions  sont dures à prendre. IL y a plusieurs facteurs qui jouent, et les différentes solutions se mélangent aux facteurs.

Il faut récupérer des gamines Dimanche à Bonifacio mais il y a du vent de prévu, c’est la grève des pompistes on ne sait pas si ça va durer. Il a été question de partir sur l’Italie. Je pense que demain ça va être encore de longs silences entre-coupés de   je ne sais pas.  J’ai prévu d’aller à Propriano, mais ça fait trois heures de route et si le vent se lève.

Bref, le moral n’est pas au beau fixe mais je pense que c’est la longueur du séjour qui joue beaucoup. J’espère qu’on va pouvoir aller jusqu’en Sardaigne. Alors avec le temps qui sera passé, la découverte, le plaisir de se surpasser, la fierté et surtout la sensation d’être dans la dernière ligne droite avant le repos, les copains, les copines, la rentrée et tout ce qui va avec.

J’ai envie de m’éclater au maximum avant de travailler comme un bœuf pour éclater Estelle que d’ailleurs je n’éclaterais pas seulement qu’au figuré.

Pour le moment j’essaie d’oublier que j’existe et que j’ai une famille, de vivre sans réfléchir et sans me poser de questions car ça évite le cafard et l’ennui. Il me reste plus de deux semaines à tirer. J’en ai marre. J’adore ce boulot mais là pour une première année, j’en ai marre. « 

« Moi «

Jeudi 16 Aout 1990

Calvi.

J’ai 17ans

Oui ho ben je sais bien que vous ne regardez que les dessins.

No title, no turtel

Mais alors et me diriez vous alors que je n’ai pas plus que vous commencé à m’exprimer…

Pourquoi nous bassine t’il avec ses mémoires approximatives, ses plans culs incertains et ses croquis que pour lui exquis?

C’est que contrairement à ce que j’aurais vraiment pu penser en me penchant plus sérieusement sur la question, j’en ai rien à foutre.

Mon papa me disait : le chemin fait partie de la messe. Aussi vous imposerai-je la moindre évolution de mon style, à commencer par ce paragraphe à cinq lignes.

Vous voulez passer la journée avec moi?

Il est 14h22, je prends l’antenne.

Un résumé de la situation s’impose. C’est à dire que depuis trois semaines, je prends des cours d’aquarelle. Il faudrait pour expliquer cela remonter à dix ans en arrière quand j’emmenageat en mon appartement et que je montai les escaliers avec quelques toiles que mon voisin reperrat.

Tout ce que je lui répondit lorsqu’il s’enquit de quoi ça correspondât fut « nan mais c’est pas montrable. Et aussi tot fut fait à sa veuve le jour de son enterrement.

Depuis elle m’a introduit dans le milieu très artistique d’antibes. C’est la honte. J’ai passé ma scolarité en tant que premier de la classe et là, à quarante-huit, j’en suis le cancre.

Le reste de l’audience, en plus de ma dizaine d’octogénaires est composée d’une prof qui me réveille au cours de la nuit dans des rêves inavouables, d’un con qui ne manquera pas de disparaître et d’une jeune fille de mon âge qui m’ignore.

Nan mais vous croyez juste que je vais tout vous raconter comme ça? D’une part j’ai la sieste qui m’attend et tout ce que je vous raconterais aujourd’hui serait une amputation sur mes droits d’auteurs à venir lorsque j’y parlerai de mes souvenirs à venir.

Quai d’honneur

(Retour à l’embarquement. )

  • Tu es marin ?
  • Perspicace, on apprend ça en fac de psycho ?
  • Tu es habillé comme un marin, tu ressembles à un marin, tu parles et tu dragues comme un marin.
  • Meuh ! J’ai encore rien tenté.
  • Tu évoques  les astres et me proposes une ballade dans ton univers. Je suppose qu’il est peuplé d’eaux turquoises, de tempêtes effrayantes et de contrées lointaine ?

Chieuse, donc.

D’habitude je ne m’attaque à ce genre de spécimen que tard dans la soirée lorsque l’alcool a fait son effet. Elle n’a pas tort. Les bateaux, les voyages et les aventures de mer font généralement rêver les filles. Quand on dispose en plus d’un yacht au port, c’est sûr qu’il est plus facile d’en convaincre une d’y passer une nuit câline. Or nous ne sommes qu’en début d’après midi et si la nuit tombe, je suis a jeun, en pleine possession de mes névroses et elle vient de me saper tout mon baratin .

  • Ce n’est pas le marin qui te convie, c’est le fou.
  • Gentil fou alors, tu ne m’impressionnes pas. Tout le monde se dit un peu fou.  Et le coup du patient idéal qui séduit sa thérapeute ce n’est bon que dans les films. 
  • J’ai fait une bouffée délirante aigue.
  • T’as fait ça ?
  • A l’armée
  • Et alors ?
  • Ca fait deux ans, je m’en remets.
  • Et ça c’est quoi ?
  • Quoi ça ?
  • Le bateau, là, énorme au milieu des tout petits ?

Il faut dire que nous nous trouvons actuellement sur le quai d’honneur. Dans un port ordinaire y sont amarrés les plus beaux yachts face aux plus prestigieux bars et restaurants. Ici il ne s’agit que d’un vaste terrain de pétanque à peine ombragé de quelques pins parasols. Hormis trois cabanes pour vendre les tickets de bateaux bus aux touristes, s’y trouvent un préfabriqué où se s’achète  tout ce qui est nécessaire à un bateau et, à peine plus élaborée , la capitainerie. C’est en effet là que le plus gros navire que peut accueillir le port est exposé. Son arrivée à quai est belle à voir. Il bloque tout le port durant sa manœuvre. Même le trafic  des navettes à passagers d’ordinaire si intense s’arrête. C’est à se demander comment un monstre pareil peut se frayer un chemin au milieu des autres barcasses, se glisser entre les quais où dorment des embarcations dix fois plus petites que lui.  Et pourtant le silence se fait. Tout se déroule dans le calme et le bâtiment se pose, docile, à son emplacement. C’est ça que j’aurais dû raconter dans une envolée lyrique.

  • Ben c’est un yacht de cinquante mètres avec probablement une dizaine d’hommes d’équipage. Ne me demande pas à qui il appartient de toutes façons on ne voit jamais les invités. Il arbore un pavillon de complaisance car il est immatriculé dans un paradis fiscal pour ne pas payer les taxes. Mais c’est pas vraiment mon rayon, je ne suis qu’un petit skipper d’un petit bateau de quinze mètres.
  • Ouais t’y connais rien en fait !
  • C’est pas censé encourager plutôt que d’enfoncer une psychologue ?
  • Bon, on y fait quoi dans ton monde ?
  • On commence par boire un coup dans un bar sordide.
Faire avec les moyens, physiques, mentaux et psychotechniques du bord.

Chapitre suivant.

To Do or not To Do

Pour une vie accomplie, il faut traverser les trois étapes du « voir », du « faire » et du « transmettre ». Disait le sage.

Voir, on peut dire que j’ai coché la case. J’ai vu les mathématiques, la mer Méditerranée et la vie des riches. Je vois même des choses qui n’existent pas et après les monsieurs en blouses blanches, ils viennent me chercher.

Faire est plus problématique. Des études qui ne m’ont servi à rien, un bateau qui ne marche pas, en fait, jusque là j’ai surtout fait des conneries. Ces dix dernières années, j’ai fait une alternance de phases maniaques et dépressives qui ont fait dire au docteur  » c’est bon, ne fait plus rien. »

A part quelques mycoses à mes maîtresses et de fortes angoisses à ma mère qui me lit, j’ai rien transmis surtout pas la vie. Mon Karma risque de s’en trouver fort affecté.

Mais une nouvelle ère s’ouvre à moi.

Ecrire et créer un site c’est faire quelque chose.

Etre lu, c’est transmettre sa pensée toute farfelue qu’elle soit.

Méééééééé vous n’allez pas partir comme ça, j’ai trente ans de notes d’un capitaine bipolaire à compiler.

To be perfected

C’est fou ce que l’on peut accomplir comme tâches ménagères et administratives quand on n’a pas envie de se confronter à sa médiocrité intellectuelle et informatique. Ma procrastination a changé de camp, je n’avancerai la construction de ce site que quand le linge sera étendu et que la sécu aura reçu ma déclaration annuelle d’invalidité.

Mais alors me diriez vous et vous n’auriez pas tort, pourquoi nous bassine-t-il le cortex avec sa pensée farfelue alors qu’il n’a à proposer qu’une coquille vide en guise de divertissement? ( oui je pique tout à Desproges)

A ceci je rétorquerai trois arguments :

Gaudi n’a pas attendu que sa chapelle soit finie pour y organiser des messes.

C’est dans les maisons en chantier de mes amis que j’ai participé à mes meilleurs barbecues.

Et enfin et c’est là que je vais vous trouer le cul, ma copine m’a parlé ce matin du concept de « Minimum Viable Product ». En gros rien ne marche mais on avance quand même.

Ca progresse.

J’ai écouté un discours en version originale du Dalai Lama sur les relations entre spiritualité bouddhiste et physique quantique, ça m’a paru plus clair que les didacticiels et que l’ergonomie de ce site.

Il faut bien se résoudre à l’évidence : je suis une burne en informatique. Mais je suis aussi têtu et j’y arriverai.

Quoi? vous voulez une Photo?

Pfff, ça va encore me prendre trois quart d’heures et un demi paquet de clopes.

Allez je me lance, je vais essayer de vous trouver celle où on fête la naissance de ce nouveau Blog.

Tadaaa, Fastoche !!!